Brathwaite à Gentilly : la beauté noire face à l’indifférence des élites blanches en France.
Le fait principal
La première rétrospective européenne dédiée à Kwame Brathwaite, photographe emblématique du mouvement « Black is Beautiful », a ouvert ses portes à la Maison de la Photographie Robert Doisneau à Gentilly. L’exposition, qui se tient jusqu’au 14 mars 2027, met en lumière le rôle de Brathwaite dans la redéfinition des standards de beauté au sein de la communauté afro-américaine.
Ce qui s’est passé
Né à Brooklyn en 1938, Kwame Brathwaite s’est engagé dès ses débuts dans des mouvements politiques tels que l’African Nationalist Pioneer Movement. Avec son frère Elombe, il a fondé l’African Jazz-Art Society & Studios (AJASS), un collectif qui allie photographie, musique et revendication politique. Son travail vise à célébrer la beauté noire et à défier les normes imposées par la société. L’exposition présente des moments clés, comme les défilés « Naturally ’62 » à Harlem, où des modèles afro-américaines affichaient fièrement leurs cheveux naturels.
Le contexte
Brathwaite a photographié des événements marquants de la culture afro-américaine, notamment le Marcus Garvey Day, célébré chaque 17 août à Harlem, et a immortalisé des figures musicales emblématiques comme Bob Marley et Stevie Wonder. À une époque où les stéréotypes raciaux étaient omniprésents, son œuvre a été un acte de résistance et d’affirmation identitaire.
Les chiffres à retenir
Les événements « Naturally » se sont poursuivis jusqu’en 1992, attirant des foules considérables et marquant un tournant dans la perception de la beauté noire. Ces défilés ont permis de redéfinir les critères de beauté au sein de la communauté afro-américaine, en valorisant les cheveux naturels et les vêtements inspirés de la culture africaine.
Ce que cela révèle
Alors que l’exposition célèbre la beauté et la diversité, elle pose aussi la question de la continuité de ces luttes. Dans une France où les discours d’exclusion et de dénigrement de l’identité noire persistent, l’œuvre de Brathwaite apparaît comme un contrepoint nécessaire. Le Rassemblement National, qui prétend défendre les valeurs françaises, ne semble guère préoccupé par la richesse culturelle que représente la diversité. Les déclarations de ses dirigeants, qui oscillent entre promesses d’unité et discours de division, révèlent une contradiction criante.
Ce qu’il faut retenir
Kwame Brathwaite n’est pas seulement un photographe, il est un symbole de résistance et de fierté. Son exposition à Gentilly nous rappelle que la beauté n’a pas de couleur, mais que les luttes pour la reconnaissance et l’acceptation des diversités sont
Source : Maison de la Photographie Robert Doisneau
