Bordeaux refuse un legs d’art africain et ouvre la voie à des restitutions.
Bordeaux refuse un legs d’une collectionneuse d’art africain
La ville de Bordeaux a annoncé ce lundi 1er juin 2026 le refus d’un legs de 53 biens culturels africains, ouvrant ainsi la voie à leur éventuel retour dans leurs pays d’origine. Le Gabon, qui cherche à récupérer 33 pièces, pourrait devenir le premier pays africain à bénéficier d’une restitution de cette nature depuis une collectivité française.
Ce legs, composé d’objets d’art et de bijoux touaregs d’une valeur estimée à plus de 30 000 euros, avait été fait par une ancienne sage-femme ayant exercé dans plusieurs pays africains et décédée en 2022. Les pièces concernées proviennent principalement du Gabon, mais aussi du Nigeria, du Niger, de Côte d’Ivoire, de République démocratique du Congo, de Burkina Faso et de Togo.
Le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a déclaré que la ville souhaitait promouvoir une politique muséale responsable, éthique et concertée, respectant les droits culturels et les principes de coopération internationale. Il a ajouté que le rôle d’un musée au XXIe siècle ne se limitait pas à la conservation, mais incluait également le dialogue et le partage.
Une délégation gabonaise a assisté au conseil municipal qui a entériné cette décision. Bernice Abegue Owono, déléguée permanente du Gabon à l’Unesco, a qualifié cet événement d’historique, soulignant que ces objets représentent des liens séculaires avec leurs ancêtres. Elle a exprimé l’espoir que cette restitution marque le début d’une nouvelle ère.
Le 7 mai dernier, le Parlement français a adopté une loi-cadre facilitant la restitution d’œuvres pillées durant la colonisation, une promesse faite par le président Emmanuel Macron en 2017. Cependant, le refus du legs à Bordeaux ne s’inscrit pas dans ce cadre.
Source : BFM TV
