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Blocus des lycées : Mélenchon critique la ligne de Nuñez et réclame le dialogue

« Il n’y a aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement à disposition des forces de sécurité intérieure » a dit le ministre Nuñez. Résultats : violences et provocations policières sans retenue. Un jeune éborgné par un tir à 20 mètres, une tentative de noyade, des policiers jetant des […]

Blocus des lycées : Mélenchon critique la ligne de Nuñez et réclame le dialogue

« Il n’y a aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement à disposition des forces de sécurité intérieure » a dit le ministre Nuñez. Résultats : violences et provocations policières sans retenue. Un jeune éborgné par un tir à 20 mètres, une tentative de noyade, des policiers jetant des pierres sur les CRS, une main arrachée. J’appelle les élus et les militants à s’interposer partout, à démasquer les provocateurs, à rassembler des témoignages sur les conditions des ignobles gardes à vue en cours. Il faut rétablir l’autorité de l’État sur ses agents, un respect strict du code de déontologie de la police, le respect de l’obligation légale d’afficher le numéro RIO, agir par médiation plutôt que par répression, dialoguer partout, tout le temps. Se souvenir que ce sont des enfants, nos enfants !

Dans un message daté du 5 octobre 2026, Jean-Luc Mélenchon met en cause la réponse policière à la mobilisation des lycéens. Sa critique intervient après deux bless graves, à Tours puis à Lens. Les faits exigent des enquêtes ; les mots du ministre de l’Intérieur, eux, méritent déjà un examen attentif.

Le fait principal

Mélenchon reproche à Laurent Nuñez d’avoir écarté toute « consigne de retenue » et demande que les interventions privilégient le dialogue. Il appelle aussi élus et militants à recueillir des témoignages, notamment sur les gardes à vue. Ce message exprime une position politique : il ne démontre pas, à lui seul, que chacun des actes qu’il dénonce a eu lieu. ()

Ce qui s’est passé

Le 30 septembre, un lycéen de 16 ans a été blessé à l’œil à Tours. Il en a perdu l’usage. Selon la procureure, ses lésions sont compatibles avec l’impact d’un projectile de lanceur de balles de défense (LBD). Sa famille a porté plainte et l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) enquête. La compatibilité médicale ne suffit pas, à ce stade, à établir les circonstances précises du tir ni une responsabilité pénale. ()

Le 2 octobre, au journal de 20 heures de TF1, Laurent Nuñez a défendu l’emploi de l’armement intermédiaire disponible face aux débordements. Il a également invoqué la proportionnalité des interventions et indiqué que des gestes de policiers faisaient l’objet d’une saisine de l’IGPN. ()

Le 5 octobre, à Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée lors de l’explosion d’une grenade utilisée par les CRS. Le procureur de Béthune a précisé ne pas pouvoir dire si l’adolescent l’avait ramassée ou si elle avait été jetée sur lui. Une enquête de l’IGPN a été ouverte. Le préfet du Pas-de-Calais a, de son côté, fait état de projectiles lancés contre les policiers avant le déploiement des CRS. Ces éléments de contexte ne tranchent pas la question des circonstances de la bles. ()

Le contexte

La formule du ministre ne constitue pas un blanc-seing juridique. Le code de déontologie, publié sur Légifrance, impose que l’usage de la force soit nécessaire et proportionné ; l’usage des armes répond à une exigence d’absolue nécessité. Autrement dit, l’absence de consigne générale de retenue n’efface pas les obligations qui s’appliquent à chaque intervention. ()

Mélenchon réclame aussi le port visible du numéro d’identification des agents, le RIO. Cette obligation existe, sous réserve d’exceptions prévues par les textes. En avril 2026, le Conseil d’État a constaté que les mes destinées à la rendre pleinement effective n’étaient pas encore toutes mises en œuvre et a fixé une échéance au 31 décembre 2026 pour la distribution des équipements nécessaires. Sur ce point, le débat ne porte donc pas sur l’existence de la règle, mais sur son application. ()

Ce que montrent les faits

Le message de Mélenchon évoque aussi un tir à une distance précise, une tentative de noyade et des policiers lançant des pierres sur des CRS. Les sources consultées ne permettent pas de confirmer ces circonstances : elles doivent rester des accusations attribuées à leur auteur. Les bless de Tours et de Lens, en revanche, sont documentées ; les enquêtes doivent encore établir exactement comment elles se sont produites. ()

La tension politique tient en une phrase : Nuñez écarte une consigne générale de retenue, tout en affirmant que la force doit rester proportionnée. Ce n’est pas, en soi, la preuve d’un ordre illégal. C’est une formulation qui rend d’autant plus nécessaire de vérifier ce qui s’est passé sur le terrain, intervention par intervention. ()

Ce qu’il faut retenir

Deux adolescents grièvement blessés, des enquêtes ouvertes et une règle claire sur l’usage de la force : le sujet ne se résume ni à une formule ministérielle ni à un réquisitoire politique. La priorité est d’établir les faits et les responsabilités, sans confondre indignation, accusation et conclusion judiciaire. ()


Source : Jean-Luc Mélenchon

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