Le ministre du Commerce, Serge Papin, a présenté le bilan d’un an de lutte contre l’ultra-fast-fashion lors d’une conférence de presse le 28 octobre. Les résultats révèlent une nette diminution de l’activité sur les plateformes d’e-commerce concernées, reflétant les efforts du gouvernement pour encadrer ce secteur en pleine expansion.

Ce qui s’est passé

À Bercy, Serge Papin et son collègue David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, ont annoncé des chiffres encourageants lors de la conférence. En juillet, la fréquentation des sites d’ultra-fast-fashion a chuté de 42 % pour Shein, 36 % pour Temu et 10 % pour AliExpress. De plus, selon les estimations, les ventes en valeur ont diminué de 25 % en septembre. Le ministre a commenté ces résultats en déclarant : « Des chiffres qui envoient des messages forts et montrent que notre action à des effets ». Il a insisté sur le fait que son ministère ne « lâchera rien » dans son combat pour protéger les consommateurs et garantir une concurrence loyale.
Ce que l’on sait
Le contexte de cette déclaration est bien particulier. Fin octobre 2025, une polémique a éclaté suite à une alerte de consommateurs sur la vente par Shein de poupées sexuelles présentant des caractéristiques inappropriées. La lenteur de la réponse gouvernementale a suscité un éveil de la conscience populaire face aux dérives de ces plateformes. Cette situation a incité le ministre à prendre des mesures fermes, notamment le saisie de la justice pour diffusion de contenu illégal et des menaces de blocage à l’encontre des sites concernés.
Des mesures concrètes et leur impact
Dès le début de son mandat, Papin a mis en œuvre une taxe de 2 euros sur les petits colis en provenance de pays hors Europe, inscrite dans la loi de Finances 2026. Malgré les premières mesures, certains acteurs de l’ultra-fast-fashion ont tenté d’échapper à cette taxe en détournant leurs envois vers des pays aux réglementations plus favorables. Pour contrer cette manœuvre, le ministre a prévu l’instauration de « frais de traitement » supplémentaires à partir du 1er novembre, renforçant ainsi les contrôles douaniers.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes
Les données récentes révèlent une baisse significative du nombre de colis expédiés par l’ultra-fast-fashion en France, qui aurait chuté de 48 % entre juin et août 2026. Ce recul est corroboré par une étude de Joko qui montre un déclin des ventes de 18 % chez Shein, de 22 % chez AliExpress et de 34 % chez Temu. De plus, le nombre d’acheteurs fidèles a lui aussi chuté de 31 % pour Shein, 40 % pour AliExpress et 49 % pour Temu sur la même période. Ces chiffres suggèrent non seulement un déplacement de flux, mais également une réelle diminution de la consommation.
Un soutien aux commerces locaux
Serge Papin a profité de l’occasion pour signaler que ces résultats favorisaient les producteurs locaux et le commerce de proximité, souvent en difficulté. Il a prévu un soutien direct pouvant atteindre 10 000 euros pour les commerces les plus affectés, ainsi que des prêts à taux zéro via la Banque publique d’investissement (BPI).
La suite
À l’avenir, le gouvernement compte poursuivre ses efforts pour encadrer l’ultra-fast-fashion à Bruxelles afin de rendre ces mesures applicables au niveau européen. Une initiative qui pourrait également renforcer le pouvoir d’action en matière de réglementation et de fiscalité dans ce domaine en pleine mutation. Dans un contexte économique délicat, le gouvernement semble déterminé à continuer la bataille contre les pratiques commerciales déloyales, tout en mobilisant les ressources nécessaires pour protéger les acteurs du commerce local.
Source : Le Nouvel Obs – Economie (www.nouvelobs.com)
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Auteur : Corinne Bouchouchi







