Bétharram : création d’un comité de suivi des recommandations après l’enquête
Bétharram : Mise en place d’un comité de suivi des recommandations après un rapport d’enquête
Un comité indépendant a été établi pour superviser la mise en œuvre des recommandations formulées par la commission d’enquête dans son rapport publié en juin sur Bétharram, qui évoquait des « crimes de masse » et des centaines de victimes. Cette annonce a été faite lors d’une conférence de presse le 17 septembre.
Jean-Pierre Massias, président de la commission d’enquête menée par l’Institut Louis Joinet (IFJD) à la demande de la congrégation mise en cause, a déclaré : « Nous ne voulions pas que la mission s’arrête avec la production du rapport mais débouche sur de la pratique. »
Le rapport de l’ONG a estimé qu’entre 700 et 1 500 enfants, scolarisés de 1950 à la fin des années 1990 à Notre-Dame de Bétharram, près de Lourdes, ainsi que dans d’autres établissements de cette congrégation, avaient potentiellement été victimes de violences sexuelles, physiques ou psychologiques. Jean-Pierre Massias a également précisé que le rapport complet, dépassant 1 000 pages, sera mis en ligne prochainement et transmis aux victimes, aux responsables politiques, ainsi qu’au pape Léon XIV lors de sa visite en France à la fin septembre.
Massias a décrit les événements survenus à Bétharram comme « un crime d’une exceptionnelle gravité, tant au niveau du nombre que de la gravité des violences perpétrées. » Il a dénoncé des actes qui s’apparentent parfois à de la torture.
Un « lieu de concertation »
Le comité de suivi a pour objectif de créer un « lieu de concertation, de coconstruction d’une politique de réparation » pour les faits survenus à Bétharram, et potentiellement dans d’autres foyers de violence, a affirmé Jean-Pierre Massias. Ce comité se veut « pluraliste », incluant des victimes, des membres de la commission et des acteurs extérieurs, tout en étant « indépendant », selon sa responsable, Magalie Besse.
Parmi les mes discutées figurent la prise en charge des victimes, la mobilisation de financements et l’élaboration d’une politique de reconnaissance et de réparation individuelle. L’écrivaine Neige Sinno, marraine de la journée de travail du comité, a souligné la difficulté de « pousser les responsables à aller au bout de cette démarche. »
Des responsables de l’Église et de l’enseignement catholique étaient présents lors de cette réunion, mais aucun représentant de la congrégation de Bétharram n’était là. Jean-Pierre Massias a exprimé son espoir d’amener la congrégation à réfléchir à un système d’indemnisation des violences physiques, en parallèle des indemnisations déjà versées aux victimes d’abus sexuels, mais a regretté que « pour l’instant, ils n’ont pas souhaité contribuer à cette mission. »
Source : La Croix
