Bayrou rêve d’une primaire centrale : le RN, toujours à droite, se perd dans ses contradictions.
Le fait principal
François Bayrou, président du MoDem, a proposé l’organisation d’une primaire ouverte pour désigner un candidat unique représentant le « grand fleuve central », allant de la gauche à la droite modérée, d’ici à début 2027. Cette initiative vise à contrer la menace d’un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise.
Ce qui s’est passé
Lors de l’université de rentrée de son parti, Bayrou a détaillé un calendrier pour ce scrutin qui se tiendra à L’Isle-sur-la-Sorgue du 18 au 20 septembre 2026. À 75 ans, il a décidé de ne pas se porter candidat, préférant jouer le rôle de rassembleur face à une « absence de dynamique » et à la légitimité contestée des candidats du bloc central, Gabriel Attal et Édouard Philippe.
Le contexte
Cette proposition de Bayrou intervient dans un climat politique tendu, alors que le MoDem fait face à des critiques internes et à des doutes sur l’efficacité de la primaire. Plusieurs personnalités centristes, comme Xavier Bertrand et Bernard Cazeneuve, se montrent réticentes à l’idée, craignant que cela ne se transforme en une simple confrontation entre « petits candidats ». Le MoDem est également en proie à des turbulences judiciaires concernant des affaires d’assistants parlementaires.
Les chiffres à retenir
Bayrou estime que cette primaire pourrait mobiliser jusqu’à 4 millions de participants. Les candidatures doivent être déposées d’ici fin octobre, suivies d’une campagne de deux mois, avec un premier tour prévu vers le 15 janvier et un second début février.
Ce que cela révèle
La proposition de Bayrou, bien que séduisante sur le papier, souligne les fractures au sein du centre politique français. Les personnalités hésitantes montrent que la volonté d’unité est loin d’être partagée. Ce scepticisme ambiant pourrait bien faire de cette primaire un exercice de communication plus qu’une véritable dynamique politique. Dans un contexte où le RN et La France insoumise continuent de croître, la question demeure : le « grand fleuve central » saura-t-il naviguer sans se noyer dans ses propres contradictions ?
Ce qu’il faut retenir
La primaire ouverte proposée par François Bayrou pourrait être une opportunité pour le centre de se réinventer. Cependant, les résistances internes et le scepticisme ambiant risquent d’en faire un exercice vain. Dans un paysage politique de plus en plus polarisé, le temps presse pour le « grand fleuve central » qui semble, pour l’instant, encore hésitant sur son cours.
Sources : Université de rentrée du MoDem, déclarations de François Bayrou.
