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Bally Bagayoko dénonce un «piège politique» après son abstention sur l’excision

Après son abstention, le 24 septembre, sur un vœu municipal mêlant lutte contre l’excision et soutien à une proposition de loi sur les violences sexistes et sexuelles, Bally Bagayoko dénonce une polémique qu’il juge politiquement instrumentalisée. Le maire de Saint-Denis affirme que son abstention ne signifiait pas un rejet de la lutte contre ces mutilations. Le scrutin, le contenu du texte et le statut de la proposition de loi éclairent les termes du débat.

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Un vœu portant sur deux sujets

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Le conseil municipal examinait un texte présenté par des élus de l’opposition socialiste. Son intitulé associait la protection des filles et des femmes contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines à l’adoption d’une « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles.

Selon l’explication publiée par Bally Bagayoko le 12 octobre, le maire et sa majorité partageaient l’objectif de combattre l’excision, mais contestaient le volet relatif à la proposition de loi. Ils estimaient que le texte national, encore en discussion, pouvait évoluer. La majorité a demandé que cette référence soit retirée du vœu ; l’opposition a maintenu son texte. La mairie présente donc l’abstention comme un désaccord sur l’ensemble du vœu, et non sur la lutte contre les mutilations. (ballybagayoko.com)

Dans l’article publié par Libération le 16 octobre, le maire dénonce un « piège politique » et estime que ce combat a été « perverti » par la polémique. Il accuse l’opposition municipale d’avoir cherché à le mettre en difficulté. Il s’agit de son interprétation des intentions adverses, et non d’un fait établi indépendamment.

Un vote finalement adopté

Le vœu a été adopté malgré les abstentions. Le Parisien rapporte que l’abstention de Bally Bagayoko et de sa majorité a déclenché les critiques, tandis que le maire défendait une position liée au soutien à la proposition de loi inscrit dans le texte. Le résultat du vote ne permet donc pas de résumer simplement le débat par un refus du conseil municipal de condamner l’excision. (leparisien.fr)

Cette distinction est importante : l’abstention porte sur un texte composé de plusieurs demandes. Elle ne suffit pas, à elle seule, à établir une opposition à chacune d’entre elles. Les élus de l’opposition ont, eux, choisi de maintenir le vœu dans sa forme initiale ; la majorité affirme qu’une modification lui aurait permis de voter pour.

La proposition de loi n’était pas encore une loi

Au moment du conseil municipal, le texte national sur les violences sexistes et sexuelles était une proposition de loi, susceptible d’être amendée. Depuis, l’Assemblée nationale l’a adoptée en première lecture, le 13 octobre 2026. Cette étape parlementaire ne signifie pas que le texte est déjà devenu une loi applicable : son parcours législatif doit se poursuivre. (assemblee-nationale.fr)

La controverse mêle ainsi deux questions distinctes : l’engagement contre les mutilations sexuelles féminines et l’appréciation d’un projet législatif plus large. Pour rendre compte du vote, il faut garder à l’esprit cette différence et attribuer à chaque camp ses propres explications, sans confondre abstention sur un vœu composite et approbation ou rejet de la lutte contre l’excision.


Source : Libération

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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