Chaque année, une date emblématique rappelle qu’en France, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes est encore un combat à mener. Cette année, à partir de 11h31 le 10 novembre, les femmes entreront dans une période de travail « gratuit », une situation symbolisant les inégalités salariales persistantes dans le monde professionnel.

Ce qu’il faut retenir
Selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les femmes, à travail équivalent, touchent en moyenne 14,2 % de moins que leurs collègues masculins. La détermination de cette heure symbolique par la newsletter féministe Les Glorieuses vise à sensibiliser sur ces inégalités persistantes qui affectent la vie professionnelle des femmes. Par rapport aux années précédentes, la date de cette injustice a légèrement avancé : en 2024, elle tombait à 16h48 le 8 novembre, et les années antérieures, le 6 novembre à 11h25 en 2023, et le 4 novembre à 9h10 en 2022.
Ce que disent les données ou les faits
Les données relatives aux inégalités salariales montrent que bien que des progrès aient été réalisés depuis 2016, l’écart est toujours présent. Depuis lors, l’écart salarial entre les deux sexes a diminué de seulement 0,9 point, passant de 15,1 % à 14,2 %. À ce rythme, l’égalité salariale complète ne serait atteinte qu’en 2167, selon les estimations de Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter Les Glorieuses.
Ce que cela change concrètement
Les Glorieuses plaident pour de réelles mesures afin d’accélérer la lutte pour l’égalité salariale. Parmi leurs demandes figurent la revalorisation des salaires dans les métiers où les femmes sont prépondérantes, ainsi qu’un congé parental équitable entre les deux parents. Elles souhaitent également que l’accès aux marchés publics soit subordonné au respect de l’égalité salariale, ce qui pourrait garantir que les fonds publics ne contribuent pas à les creuser davantage.
La transparence salariale, qui sera mise en œuvre dès l’année prochaine grâce à une directive européenne, est espérée comme un véritable levier. Rebecca Amsellem souligne que des pays tels que l’Islande et la Suède, où les inégalités salariales sont devenues un sujet secondaire, appliquent cette transparence depuis longtemps, facilitant ainsi la négociation salariale pour les femmes.
Ce qu’il faut vérifier ou comprendre
Il est essentiel de prendre en compte ces données et ces revendications non seulement comme des indicateurs de progrès mais aussi comme des alarmes sur le chemin qui reste à parcourir. Les initiatives pour l’égalité salariale ne concernent pas seulement les femmes travaillant dans des secteurs traditionnellement féminins, mais touchent à l’ensemble du marché du travail. La société évolue, mais sans mesures immédiates et efficaces, l’égalité salariale semble encore très éloignée.
Source : franceinfo- Disparités salariales
Article original : Consulter la source originale







