
Retour réussi d’Artemis-2 : un survol inédit de la Lune
Les astronautes Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen ont récemment achevé la mission Artemis-2, marquée par un survol historique de la Lune. Contrairement à la mission Apollo, où les astronautes orbitaient à environ 100 kilomètres de l’astre, cette mission a permis aux astronautes de garder l’intégralité du disque lunaire dans leur champ de vision. Ce survol a été l’occasion de documenter des zones de la Lune qui n’avaient jamais été observées directement par l’œil humain.
L’objectif principal d’Artemis-2 n’était pas seulement d’améliorer notre compréhension de la Lune, mais également de tester l’habitabilité de la capsule Orion, suite à la mission à vide Artemis-1, qui s’est déroulée fin 2022. La prochaine mission, Artemis-3, prévue pour 2027, est également conçue comme une mission test, avec pour but d’effectuer un rendez-vous orbital terrestre entre le vaisseau Orion et un ou deux alunisseurs actuellement en développement par SpaceX et BlueOrigin.
Des experts comme Philippe Lognonné, géophysicien et planétologue, et Frédéric Moynier, cosmochimiste et directeur adjoint de la recherche à l’Institut de physique du globe de Paris, soulignent qu’Artemis-2 est une étape cruciale pour les futures missions d’alunissage, notamment Artemis-4. Cette dernière mission envisage de rapporter des échantillons lunaires du pôle Sud, un aspect essentiel pour mieux comprendre l’origine de la Lune et la présence d’eau lunaire.
Pour les missions Artemis-4 et 5, il est prévu de déployer des sismomètres à la surface de la Lune, dont un fourni par le CNES, afin d’étudier la structure interne de notre satellite naturel. Ces instruments permettront d’affiner notre modèle de formation de la Terre-Lune, hypothétisé comme résultant d’une collision entre la Terre et Théia, une planète de la taille de Mars, il y a environ 4,45 milliards d’années.
Jean-François Clervoy, astronaute ayant réalisé trois missions spatiales, a précisé que les expériences scientifiques durant Artemis-2 étaient limitées. L’équipage a notamment participé à des expériences de physiologie spatiale et a utilisé des dosimètres pour mesurer les doses de radiation cumulées pendant le vol. Le volume disponible pour l’équipage était d’environ 9 m³, suffisant pour quatre personnes durant dix jours, mais limitant le nombre d’expériences réalisables.
Cette mission marque une avancée significative dans le programme Artemis, qui vise à établir une présence humaine durable sur la Lune et à préparer les futures explorations de Mars.
Source : CNES






