Le mandat de la Minurso a expiré le 31 octobre 2026, après l’échec de deux projets de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. La mission, déployée au Sahara occidental depuis 1991, a cessé ses opérations, mais l’envoyé des Nations unies Staffan de Mistura reste chargé de poursuivre le dialogue politique.

Deux projets rejetés au Conseil de sécurité
Le 30 octobre, les membres du Conseil de sécurité n’ont pas réussi à s’entendre sur la prolongation de la mission. Le projet américain, qui prévoyait son maintien tout en plaçant le plan d’autonomie proposé par le Maroc au cœur des négociations, a recueilli 11 voix favorables. La Russie a toutefois opposé son veto.
Moscou a ensuite soumis un texte visant à reconduire la Minurso sans modifier son mandat et à maintenir la perspective d’un référendum. La proposition a obtenu trois voix pour, une contre et 11 abstentions : elle n’a pas atteint les neuf voix nécessaires à son adoption.
Le plan marocain, présenté en 2007, prévoit une autonomie administrative, juridique et économique du Sahara occidental, tout en maintenant le territoire sous souveraineté marocaine. Selon la proposition américaine, il devait servir de base aux futures négociations, sans référence à un référendum d’autodétermination. La Russie a jugé cette approche unilatérale.
Une mission créée autour d’un référendum
La Minurso avait été mise en place en 1991, dans le cadre d’un plan accepté par le Maroc et le Front Polisario sous l’égide de l’ONU. Son mandat comprenait notamment la préparation d’un référendum permettant aux Sahraouis de choisir entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. Ce vote n’a pas eu lieu. La mission devait aussi surveiller le cessez-le-feu et soutenir les efforts diplomatiques des Nations unies.
La fin de ses opérations ne signifie pas l’arrêt de tout engagement onusien dans le dossier. Staffan de Mistura reste en fonction pour maintenir le dialogue politique. L’ONU a également indiqué qu’une période de liquidation devait suivre la fin du mandat, afin d’organiser le retrait de la mission.
Des réactions opposées et des inquiétudes
Le Maroc s’est félicité de la fin de la mission sous sa forme actuelle et a exprimé l’espoir de clore le dossier des « provinces du Sud ». L’Algérie et le Front Polisario ont, pour leur part, salué le veto russe.
L’ONU redoute une reprise des hostilités en l’absence des Casques bleus. Sur le territoire, le Maroc contrôle environ 80 % du Sahara occidental, tandis que les 20 % restants sont administrés par le Front Polisario. La fin de la Minurso intervient donc alors que le désaccord politique sur le statut du territoire demeure entier.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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