
Animateur périscolaire : un métier à la fois méprisé et indispensable
Les animateurs périscolaires, souvent sous-estimés, jouent un rôle crucial dans l’éducation des enfants en dehors des heures scolaires. Thomas Meyer, animateur professionnel depuis 2016, souligne dans une lettre ouverte que les violences récemment exposées dans ce milieu révèlent des conditions de travail déplorables. Il déplore une mécompréhension généralisée entre le système éducatif formel et le champ de l’animation, qui relève de l’éducation informelle.
Meyer insiste sur l’importance de l’éducation populaire, qui, selon lui, devrait être davantage reconnue dans le débat public. Il rappelle que depuis 2014, la loi exige que le personnel d’animation soit titulaire d’un diplôme professionnel, comme le BP JEPS, mais que dans la réalité, cette exigence n’est pas toujours respectée. Il critique également la perception erronée selon laquelle le BAFA, souvent cité dans les discussions, est suffisant pour travailler dans le périscolaire, alors qu’il est principalement destiné à la formation d’animateurs de colonies de vacances.
En 2026, les animateurs se retrouvent dans des situations de travail difficiles, avec des contrats souvent limités à 17 heures par semaine, mais ayant des horaires étendus, parfois jusqu’à 12 heures par jour, tout en étant rémunérés pour seulement 3 à 5 heures de travail effectif. Cette précarité soulève des questions sur la reconnaissance et le statut de ces professionnels, souvent perçus comme des « joueurs » plutôt que comme des éducateurs à part entière.
Les témoignages de Meyer mettent en lumière le mépris dont souffrent les animateurs, qui se voient parfois demander quel est leur « vrai métier ». Malgré l’absence de tutelle claire, ces professionnels sont essentiels pour accueillir des enfants de milieux divers, y compris ceux en situation de handicap ou des réfugiés, promouvant ainsi des valeurs d’inclusion et de tolérance.
Enfin, il est crucial d’aborder les maltraitances inacceptables qui peuvent survenir dans les accueils périscolaires, sans stigmatiser davantage les animateurs qui prennent des responsabilités importantes. Meyer conclut en appelant à une meilleure reconnaissance de leur rôle, essentiel au bon fonctionnement de la société.
Source : Le Monde.




