Le système de santé français est souvent critiqué pour ses défauts et son manque de financement. Une enquête récemment présentée par « Cash Investigation » sur France 2 met en lumière un modèle particulier qui fonctionne en Alsace-Moselle : le Régime local d’Alsace-Moselle (RLAM). Ce régime pourrait offrir des pistes de réflexion sur la refonte nécessaire du système de santé national.

Un modèle de santé à la française mais différent
La région d’Alsace-Moselle, datant de la fin du XIXe siècle, a établi un régime obligatoire complémentaire à la Sécurité sociale, soutenu historiquement par un système de financement local. Après le rattachement à la France après la Seconde Guerre mondiale, ce régime a été maintenu, devenant une exception française. Aujourd’hui, deux personnes sur trois dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et en Moselle bénéficient de ce système, touchant ainsi plus de 2 millions de citoyens, incluant des retraités, chômeurs et salariés.
Ce que l’on sait : un fonctionnement avantageux
Selon l’enquête, un médicament contre le diabète, par exemple, coûte 77,60 euros. Sous le régime classique de l’Assurance Maladie, seul 30% du prix est remboursé, soit 26,01 euros. Ce qui laisse 55,78 euros à la charge du patient. Cependant, en Alsace-Moselle, grâce au RLAM, le remboursement passe à 80%, permettant ainsi de réduire cette charge à 11,75 euros pour ce médicament, grâce à un remboursement additionnel de 40 euros.
Le financement du système : cotisations et économies
Le financement de ce remboursement plus important repose sur une cotisation supplémentaire de 1,3% du revenu brut des assurés. Ce taux, qui est resté stable, représente pour un salarié au Smic environ 24 euros par mois, et 65 euros pour un revenu mensuel de 5 000 euros. De plus, cette structure de remboursement réduit également la pression sur les complémentaires santé, dont les tarifs sont en moyenne de 40% moins chers que dans le reste du pays.
Les implications pour le futur
Le RLAM a enregistré un excédent en 2022, conduisant à une réduction des cotisations salariales de 1,5% à 1,3%. Ce modèle d’équilibre financier soulève des questions : pourrait-on envisager des adaptations de ce système à d’autres régions de France ? Quel impact cela aurait-il sur le financement et l’accès aux soins pour tous ? L’enquête de « Cash Investigation » prévue pour le 5 novembre promet d’apporter davantage d’éclaircissements sur ces enjeux de santé publique cruciaux.
Source : franceinfo- Grand-Est
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