Immobilier dans les Alpes-Maritimes : un marché sous pression persistante

Analyse du marché immobilier dans les Alpes-Maritimes : signes de reprise mais déséquilibres persistants

Le marché du logement dans les Alpes-Maritimes a montré des signes de reprise en 2025, bien que des déséquilibres importants demeurent. La hausse des prix, la pénurie d’offre et les incertitudes politiques alertent les acteurs du secteur sur une situation qui pourrait devenir structurellement tendue.

Le marché immobilier dans cette région évolue dans un contexte complexe. Les données de 2025 ont révélé une reprise partielle, surtout dans l’ancien, mais cette amélioration reste fragile. Les tensions structurelles continuent d’affecter l’ensemble de la chaîne du logement.

Cyril Messika, président de l’Observatoire Immobilier d’Habitat, souligne que « si le marché de la revente a repris des couleurs en 2025, le marché du neuf reste très tendu, avec des inquiétudes liées à la baisse des autorisations d’urbanisme. » Les prix continuent d’augmenter, tant pour le neuf que pour l’ancien, tandis que le climat économique et politique pèse sur le moral des ménages.

Une reprise dans l’ancien, mais des déséquilibres persistants

Le marché de l’immobilier ancien a enregistré une progression récente, avec des volumes de ventes en hausse, atteignant des niveaux élevés sur dix ans, hors période exceptionnelle post-Covid. Cette dynamique s’accompagne d’une augmentation continue des prix.

Maître Laurent Libouban note que « les chiffres de l’immobilier ancien démontrent une reprise sensible du marché sur la période 2024-2025. » En effet, le niveau des ventes d’appartements n’a jamais été aussi élevé au cours des dix dernières années, avec une tendance haussière des prix médians atteignant 4 810 euros/m².

Le prix des maisons est resté relativement stable autour de 540 000 euros, mais les indicateurs récents confirment une poursuite de la hausse des prix. L’analyse sociologique révèle que les acheteurs proviennent majoritairement du département, avec une présence limitée d’étrangers. Les jeunes sont sous-représentés parmi les acquéreurs, tandis que les plus de 60 ans occupent une place importante.

Le neuf en difficulté face à une offre insuffisante

En revanche, le segment du logement neuf fait face à des défis majeurs, notamment une baisse significative des autorisations d’urbanisme en 2025. Cette diminution, exacerbée par l’approche des élections municipales, a conduit à un niveau d’autorisations inférieur à celui observé avant la crise sanitaire.

Christophe Bousquet, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers Côte d’Azur et Corse, indique que « nous sommes passés de 7 000 logements autorisés par an à moins de 3 400 en 2025. » La demande de logements, quant à elle, continue de croître en raison de l’évolution démographique et des changements de modes de vie, mais la production de logements n’a pas suivi.

Dans ce contexte, la pénurie s’est installée, renforçant la hausse des prix. Bousquet insiste sur l’urgence de bâtir davantage pour répondre à la demande croissante. « Les permis de construire d’aujourd’hui représentent les logements de demain, » rappelle-t-il, soulignant que le retard accumulé sera difficile à rattraper.

Un marché locatif sous pression et des incertitudes politiques

Le marché locatif, quant à lui, reste fragile. Bien qu’une reprise soit perceptible en 2025, elle est limitée par des facteurs tels que l’accès difficile au crédit et un climat économique incertain. William Siksik met en garde : « sans cap politique clair, la reprise pourrait s’enrayer durablement. »

Les contraintes réglementaires et fiscales continuent d’influencer le marché, et l’offre locative demeure insuffisante. Les investisseurs montrent des hésitations, amplifiées par la visibilité politique réduite à l’approche des échéances électorales.

Le BTP face à une crise durable

Dans ce contexte difficile, le secteur du bâtiment et des travaux publics a montré des signes de résistance. Bien que les mises en chantier aient progressé, elles restent à un niveau historiquement bas. Patrick Moulard souligne que, malgré un léger rebond observé, ces chiffres doivent être recontextualisés par rapport aux niveaux de production avant la crise.

Les professionnels du secteur appellent à des décisions rapides pour libérer du foncier, accélérer les procédures et adapter les règles d’urbanisme. « La peur de décider ne doit plus l’emporter sur le courage de décider, » conclut Moulard.

Pour anticiper les coûts liés à l’immobilier et éviter les frais supplémentaires, il est conseillé de comparer les offres disponibles sur le marché. Pour ceux qui envisagent de se déplacer dans la région, réserver un logement à l’avance pourrait s’avérer judicieux.

La situation du marché immobilier dans les Alpes-Maritimes appelle à une réflexion approfondie et à des actions concrètes pour éviter une crise durable.

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