Algérie : évolution de la politique étrangère face aux enjeux régionaux actuels
Algérie : vers un changement de paradigme en matière de politique étrangère
À la suite d’une tentative de coup d’État à Niamey contre le régime du général Abdourahamane Tiani dans la nuit du 28 au 29 août 2026, l’Algérie a affiché pour la première fois depuis son indépendance un soutien militaire à la demande des autorités nigériennes, en déployant quatre avions de chasse et deux avions-cargos. Ce geste marque une rupture avec la doctrine historique de non-ingérence de l’Algérie.
Contexte factuel
Le 30 août 2026, le gouvernement algérien a décidé d’envoyer quatre chasseurs Sukhoï Su-30, un avion ravitailleur Il-78 et un appareil de transport Il-76 sur la base aérienne de Niamey. Cette action fait suite à une première livraison, le 9 août 2026, de quatre hélicoptères militaires aux forces armées nigériennes. Le déploiement s’inscrit dans un contexte régional déstabilisé, marqué par une série de coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qui ont affaibli les dispositifs de sécurité régionaux et favorisé l’expansion des groupes jihadistes.
L’Algérie partage environ 2 500 km de frontières avec le Sahel, dont près de 1 000 km avec le Niger, un axe majeur des routes migratoires subsahariennes vers l’Afrique du Nord. Cette situation représente un enjeu direct de sécurité nationale pour Alger.
Données ou statistiques
Le budget de la défense algérienne a connu une augmentation significative, passant d’environ 10 milliards de dollars en 2022 à près de 25 milliards de dollars en 2026. Cette hausse s’inscrit dans une révision constitutionnelle de 2020 qui a autorisé l’envoi de troupes à l’étranger, marquant ainsi un tournant dans la politique étrangère algérienne.
Conséquence directe
Cette intervention militaire pourrait signaler un changement durable dans la posture stratégique de l’Algérie, visant à restaurer son influence dans un environnement où d’autres puissances, telles que les Émirats arabes unis, le Maroc, la Russie ou la Turquie, ont accru leur présence. Toutefois, ces opérations, même limitées, comportent des risques dans une région caractérisée par des alliances fluctuantes.
Source : Observatoire du Maghreb à l’IRIS.
