Ados connectés : le piège du smartphone - C'est en France

Ados connectés : le piège du smartphone

Les smartphones, jeux vidéo et devoirs en ligne sont omniprésents dans la vie des adolescents en France. Face aux risques d’addiction et aux effets néfastes sur la santé mentale et physique, certains parents et enseignants tentent de résister.

Rayan, treize ans, possède un smartphone, comme neuf enfants sur dix de son âge. Il admet avoir été accro aux jeux en ligne, passant jusqu’à douze heures par jour devant un écran pendant ses vacances. Sa concentration et ses résultats scolaires en ont souffert. Sa mère témoigne : « Il ne sortait pas, il était tout le temps dans sa chambre. » Rayan a reconnu qu’il ne se maîtrisait plus et que son comportement était devenu problématique, poussant sa famille à demander de l’aide.

Au sein de l’unité « Etap » (Éducation thérapeutique, addiction, psycho traumatisme) au centre hospitalier Georges Daumézon, la psychologue Sabine Duflo reçoit régulièrement des adolescents accros aux écrans. Selon elle, 90 % de ses patients sont des garçons, âgés en moyenne de 14 ans, accros aux jeux vidéo gratuits en ligne. Elle compare cette dépendance à celle de l’alcool ou des drogues dures, soulignant que seuls le sevrage et le soutien familial peuvent aider à sortir de cette addiction.

En France, les enfants obtiennent en moyenne leur premier smartphone à l’âge de neuf ans et passent plus de quatre heures par jour sur un écran en dehors des heures scolaires, selon Santé Publique France. Ces usages excessifs peuvent entraîner des troubles du sommeil, de l’anxiété, et une baisse de l’attention.

Face à ces enjeux, certains parents s’organisent collectivement. Anne-Laure Bailly coordonne le pacte « Grandir mieux sans smartphone », qui incite à retarder l’acquisition d’un smartphone jusqu’à 15 ans. Gaëlle de Waru, membre du pacte, exprime son désir de protéger ses enfants de l’addiction aux écrans.

Cependant, la contradiction persiste : même les familles vigilantes font face à des devoirs scolaires nécessitant des écrans. Gaëlle de Waru souligne cette tension : « Moi je freine et en face il y a l’école qui demande. » Dans ce contexte, certains établissements, comme le collège Alphonse Daudet à Paris, prennent des mes pour limiter l’usage des écrans, interdisant des logiciels et des devoirs numériques.

Ces initiatives, bien que marginales, témoignent d’une volonté de permettre aux adolescents de vivre leur scolarité sans tomber dans le piège du tout numérique.

Source : France24

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