« J’aime être au contact de gens qui ne sont pas comme moi » : se faire du bien en hébergeant un jeune chez soi

Cohabitation intergénérationnelle : un modèle de solidarité en plein essor

Depuis quelques mois, Geneviève, récemment retraitée, partage son quotidien avec des jeunes grâce à l’association Vivre avec. Ce dispositif favorise des cohabitations intergénérationnelles dans la métropole bordelaise, à Libourne et autour du bassin d’Arcachon. Le principe est simple : des seniors de plus de 60 ans mettent à disposition une chambre meublée à des jeunes de 18 à 30 ans, en échange de services ou d’une participation aux frais allant jusqu’à 350 euros, ce qui s’avère bien moins coûteux qu’un loyer traditionnel.

Se sentir utile : un besoin partagé

Ce modèle, importé d’Espagne, a pris son essor en France après la canicule de 2003, révélant l’isolement des personnes âgées. La loi Elan de 2020 a ensuite encadré cette forme de cohabitation. Marie Cailac, responsable de développement territorial chez Vivre avec, souligne que les motivations principales des seniors sont d’avoir une présence à domicile et de se sentir utiles envers des jeunes confrontés à des difficultés de logement. « Avoir quelqu’un à qui parler est un stimulant cognitif », explique-t-elle. Ces échanges quotidiens apportent un bien-être tangible, tant pour les jeunes que pour les seniors.

Pour Geneviève, cette présence est devenue essentielle après deux années de solitude. Dans son appartement lumineux, chacune a sa propre chambre, mais les espaces communs sont partagés. Elle affirme : « Cela oblige à bouger les lignes et à changer d’habitudes. Cela empêche de se replier. » Ces moments de partage, comme les déjeuners du dimanche, renforcent les liens. Camille, l’une des jeunes accueillies, se souvient avec tendresse des attentions de Geneviève.

« S’intéresser à la nouveauté active le système dopaminergique de la récompense. »

Le rôle de l’apprentissage

Les bienfaits de ces interactions intergénérationnelles ne se limitent pas à l’expérience personnelle. Selon le neurobiologiste Daniel Choquet, des études sur des modèles animaux montrent que ce type de rencontre stimule la production de dopamine, un neurotransmetteur associé à la récompense. L’apprentissage et la création de nouvelles synapses dans le cerveau sont également facilités dans un contexte agréable, comme celui d’une relation amicale.

Gislaine, habitante de Cenon, partage cette vision. Elle vit avec un étudiant en sociologie, et c’est déjà la neuvième fois qu’elle accueille un jeune. « J’apprends beaucoup d’eux. Ils apportent de la vie, des connaissances variées et une gaieté contagieuse », raconte-t-elle. Ce processus de cohabitation, initialement motivé par l’envie d’aider, se transforme en un véritable échange enrichissant.

Pour ceux qui envisagent d’entrer dans ce système, il est essentiel de comparer les options de logement disponibles. En effet, réserver un hébergement dans ce cadre peut permettre d’anticiper les coûts tout en éviter les frais excessifs liés à la vie en solo, particulièrement dans des zones urbaines.

En somme, la cohabitation intergénérationnelle représente une réponse innovante aux défis du logement et à l’isolement des personnes âgées. Ce modèle pourrait bien inspirer d’autres initiatives à travers le pays, favorisant ainsi des liens interpersonnels précieux au sein de nos sociétés.

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