Une semaine après l’attentat raciste commis dans les Yvelines, des milliers de personnes se sont réunies vendredi 30 octobre à Trappes pour dénoncer le racisme et l’islamophobie et rendre hommage aux victimes. Le maire, Ali Rabeh, a mis en cause le Rassemblement national (RN), estimant que ses discours avaient contribué à nourrir la haine de l’auteur de l’attaque. Des responsables associatifs ont également annoncé une plainte visant le parti et CNews.

Un rassemblement d’hommage et de dénonciation

Organisé à l’initiative de la mairie, le rassemblement a débuté par une minute de silence. Parmi les participants figuraient plusieurs personnalités de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure et Marine Tondelier. L’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal a, de son côté, mis en garde contre un « grand basculement » raciste et appelé à lui faire barrage.
Le maire de Trappes, membre de Génération.s, a ensuite pris la parole. Il a rappelé que la ville était une commune française, avec ses réussites comme ses difficultés, avant d’évoquer Pengo Bossio Wangi, tué lors de l’attentat. Selon Ali Rabeh, la haine de l’auteur ne s’est pas formée isolément : il l’a reliée à la répétition de discours qui, selon lui, désignent des minorités comme des cibles.
Ali Rabeh met en cause les discours du RN
Dans son intervention, l’élu a reproché à Marine Le Pen et Jordan Bardella d’avoir stigmatisé Trappes. Il a cité leurs propos décrivant la ville comme un « territoire perdu de la République » ou une « République islamique miniature », et accusé le RN d’avoir exposé ses habitants à la vindicte.
Ali Rabeh a également interpellé les électeurs tentés par un vote en faveur de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027. Il les a appelés à ne pas laisser leur colère face à la vie chère, au chômage ou à la crise du logement se transformer, selon ses mots, en choix mettant en danger les habitants de Trappes. Il a aussi critiqué les médias du groupe de Vincent Bolloré et CNews, accusés par lui de relayer une propagande raciste.
Une plainte annoncée contre le RN et CNews
Depuis le centre social Gisèle-Halimi, plusieurs organisations — la Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, la Maison des potes et le Fonds pour une presse libre — ont annoncé leur intention de déposer plainte pour association de malfaiteurs contre Jordan Bardella, Marine Le Pen et CNews. Elles leur reprochent d’avoir indirectement contribué, par leurs propos, à la radicalisation du suspect. Il s’agit d’accusations portées par ces organisations, et non d’une conclusion judiciaire établie.
Le maire a par ailleurs demandé, lors d’une intervention sur France Inter, que la loi évolue afin de rendre illégale la théorie du « grand remplacement » et de sanctionner plus lourdement les propos qu’il considère comme désignant une partie de la population comme un ennemi intérieur.
Le suspect mis en examen
Kévin Tessier a été mis en examen et placé en détention provisoire. Selon les éléments rapportés, il reconnaît les faits et leur préméditation. Il a admis avoir visé des personnes musulmanes, africaines ou nord-africaines, et expliqué aux enquêteurs avoir choisi Trappes parce qu’il la considérait comme un « repaire d’islamistes ».
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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