À la veille de la manifestation prévue samedi 31 octobre à Paris, le tribunal administratif a invalidé l’arrêté qui interdisait le parcours syndical entre Bastille et Nation. Mais le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé que le préfet de police ferait appel : l’itinéraire de la mobilisation reste donc incertain.

Le parcours Bastille-Nation au cœur du conflit

Publié vendredi 30 octobre en fin de matinée, l’arrêté préfectoral écartait le trajet demandé par la CGT, de la place de la Bastille à celle de la Nation. Il concernait aussi le parcours déclaré par les Gilets jaunes, de Bastille à la place de la Concorde.
Les organisations syndicales ont contesté l’interdiction devant le tribunal administratif et obtenu l’invalidation de l’arrêté concernant le parcours Bastille-Nation. La décision intervient alors que les cortèges avaient déjà dû, la semaine précédente, se tenir en périphérie de Paris, entre les portes d’Italie et de Vincennes.
Le recours du préfet de police annoncé par Laurent Nuñez laisse toutefois planer un doute sur le déroulement de la manifestation du 31 octobre. La décision du tribunal ne règle pas, à elle seule, l’ensemble des questions de parcours pour la journée.
La préfecture défend un itinéraire en périphérie
Mercredi 28 octobre, la CGT, FO, la FSU et Solidaires, ainsi que la Fage, l’Union étudiante et l’Unef, avaient fait savoir que les autorités leur avaient annoncé oralement le refus du parcours central. Elles s’étaient vu proposer un trajet entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton.
Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, défendait cette option au nom de la sécurité et de la protection des commerces. L’arrêté estimait que les conditions n’étaient pas réunies pour reconduire, « pour un temps », les itinéraires habituels entre République, Bastille et Nation. Les autorités souhaitaient également que les parcours distincts déposés par la CGT et les Gilets jaunes soient réunis en un seul rassemblement.
Les organisations dénonçaient une décision tardive
Avant la publication de l’arrêté, les syndicats et les organisations étudiantes craignaient de ne pas disposer d’assez de temps pour saisir la justice. Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, avait annoncé le dépôt de référés-liberté une fois la décision rendue publique.
Clara Privé, trésorière de l’Unef, accusait la préfecture de vouloir empêcher les manifestations en centre-ville et de « museler la parole de la jeunesse ». Un représentant de l’Union étudiante avait, lui, dénoncé une « répression administrative insupportable ». Ces propos expriment les critiques des organisations, tandis que la préfecture justifiait le changement de parcours par des motifs de sécurité.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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