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« Je les vois plus souvent que ma mère ! » : à Toulouse, une force de sécurité privée chasse les dealers des HLM

Deux camionnettes grises filent à travers les barres HLM du quartier du Mirail, à Toulouse. À l’intérieur, des agents de sécurité en gilets pare-balles et casquettes renforcées, polos siglés du logo du « GITeS » sur l’épaule, s’approchent d’un point de deal.

« Là, vous avez les guetteurs qui nous voient arriver », observe Morgane, la cheffe de groupe. Sur les murs, des flèches rouges et un tag « 24/24, 7/7 » indiquent le point de vente de drogue, installé dans un hall d’immeuble.

Depuis sept ans, les bailleurs sociaux privés de ce quartier sensible de Toulouse ont créé le GITeS, pour « Groupement Interquartiers de Tranquillité et de Sûreté ». Cette force de sécurité privée patrouille dans les HLM pour lutter contre les incivilités, les dégradations, et l’occupation des immeubles par les dealers. Les agents du GITeS, au nombre d’une trentaine, ont établi un modèle qui s’apparente à une police de proximité privée.

L’opération ressemble à une descente de police : les agents débarquent à dix, accompagnés d’un maître-chien, face aux dealers squattant l’entrée de l’immeuble sur des canapés. « Tu nous lâches le chien ? » crie un guetteur. Morgane, sereine, répond : « La chose qu’on leur demande, c’est qu’ils quittent complètement la résidence. »

Un guetteur, âgé de 15-16 ans, déclare : « Chef, je te dis la vérité, ils font leur travail, on fait le nôtre. Si c’est sale, là, ils nous cassent les couilles. » Un autre ajoute : « Avant-hier, ils sont restés quatre heures. Je les vois plus souvent que ma mère ! »

Morgane explique qu’il a fallu sept ans de travail pour arriver à la situation actuelle. « Et il suffit qu’on lâche le terrain pendant une semaine pour que ça reparte comme il y a sept ans. »

La plupart des agents du GITeS sont d’anciens membres des forces de l’ordre, comme Morgane, qui a démissionné de la police nationale après la suppression de la police de proximité. Les petites mains du trafic de drogue, elle les connaît par leur prénom. Elle insiste pour que les guetteurs ramassent les ordures qu’ils laissent derrière eux.

« En général, quand on bloque le point de deal, après 10-15 minutes, on nous appelle pour nous dire que le gérant du trafic de drogue veut me parler au téléphone », raconte Morgane. Les dealers savent rapidement quand les ventes ne se font plus.

Les agents n’ont pas d’arme et ne mettent personne en garde à vue. Cependant, pendant qu’ils occupent le terrain, les locataires peuvent sortir tranquillement les enfants au parc. Une mère déclare : « Franchement, ça marche. Ils sécurisent les bâtiments, on se sent plus en sécurité ici. »

De l’autre côté de la route, les guetteurs délogés attendent patiemment le départ de Morgane. « Pendant que je te parle, ça vend toujours, mais en face », sourit un adolescent. Ils ont simplement déménagé leur point de deal provisoirement dans la cité d’en face.

Rémi, le directeur du GITeS, explique que les dealers se trouvent dans un immeuble qui n’est pas sous contrat avec sa société. « Ils déplacent le problème, ils ne le règlent pas », souffle un habitant du quartier. Rémi ajoute : « Une fois que les perturbateurs sont sortis des résidences, c’est la mission de la police et de l’État, pas la mienne. »

Les services du GITeS coûtent 2,5 millions d’euros par an aux neuf bailleurs sociaux privés qui l’emploient, pour sécuriser les logements de 20 000 locataires. Bien que la société vante ses résultats, le bailleur social public, qui gère la moitié des logements du quartier, ne se paie pas leurs services.

Bruno Bartocetti, secrétaire pour la zone Sud du syndicat de police Un1té, indique que l’État n’a plus les moyens de remplir cette mission. Au commissariat de police du quartier, le commissaire divisionnaire Julien Dugay apprécie le travail du GITeS, tant que chacun reste dans son rôle. « L’action du GITeS se voit sur la propreté des points de deal et sur le comportement des dealers vis-à-vis de la population », conclut-il.

Le GITeS partage régulièrement des renseignements avec la police et a déjà exporté son modèle à Nice et Montpellier, où des groupes de sécurité privée similaires ont été formés. D’autres bailleurs envisagent d’expérimenter ce modèle ailleurs en France.

Source : Franceinfo

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