À Paris, commerces pillés et véhicules incendiés après une journée de mobilisation violente
Au lendemain de la mobilisation contre la vie chère du samedi 17 octobre, plusieurs secteurs de Paris portaient les traces de pillages et d’incendies. Vitrines brisées, commerces vidés et véhicules calcinés ont notamment été signalés autour de République, sur le boulevard Voltaire et dans le quartier de Bastille. La Ville a mobilisé près de 1 000 agents pour nettoyer les rues, avec l’aide de riverains.
Des commerces ciblés après la manifestation
Dans le 11e arrondissement, des magasins ont été pillés après la fin du rassemblement. Les produits emportés allaient des cigarettes et bonbons aux vêtements, bijoux et lunettes de soleil. Des boutiques ont été forcées après que leurs vitrines ont été brisées ou leurs rideaux métalliques attaqués.
Les dégâts étaient visibles dans plusieurs rues du centre et de l’est de la capitale. Des vélos et des scooters ont brûlé boulevard Sébastopol et rue de Turbigo. Une voiture a été incendiée boulevard Jules-Ferry, tandis qu’un camion et un kiosque figuraient également parmi les équipements touchés près de l’avenue et de la place de la République.
La place de la République avait connu des tensions dès le milieu de la journée, avant le départ du défilé. En début de soirée, les affrontements s’y poursuivaient tandis que la manifestation s’était déroulée dans le calme place de Clichy, selon le récit de la journée.
Des bilans encore provisoires
À l’échelle nationale, Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution, a estimé que 1 500 commerces avaient été pris pour cible. Il a évalué les dégâts à plusieurs centaines de millions d’euros. Ces chiffres constituent son estimation.
À Paris, la préfecture de police a annoncé 855 interpellations, un niveau qualifié de record. Le parquet faisait état de 557 personnes en garde à vue, dont 151 mineurs, dans un bilan présenté comme non consolidé. À l’échelle du pays, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué environ 2 000 interpellations et 600 blessés parmi les forces de l’ordre.
La mobilisation a rassemblé, selon les estimations rapportées, 550 000 personnes d’après le ministre de l’Intérieur et 800 000 selon les organisateurs. Les deux chiffres diffèrent et correspondent aux évaluations de leurs auteurs respectifs.
Près de 1 000 agents mobilisés pour le nettoyage
Dès l’aube du dimanche 18 octobre, près de 1 000 agents de propreté ont été mobilisés pour enlever les débris et remettre en état les espaces publics. Des habitants se sont joints à eux pour ramasser les déchets éparpillés. La mairie indique avoir rappelé des agents qui étaient en congé afin d’accélérer le nettoyage des chaussées et des trottoirs.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a dénoncé des rues « méthodiquement ravagées ». Sa première adjointe, Lamia El Aaraje, a pour sa part mis en cause un manque de moyens policiers pour empêcher les pillages.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : Thibaut Chevillard
