Le 17 octobre 2026, le cortège parisien a relié la place de la République à la place de Clichy sur 3,6 kilomètres. Dans une foule aux revendications multiples — pouvoir d’achat, avenir des jeunes, accès aux soins ou prix des carburants — la mobilisation s’est déroulée sur fond d’affrontements et de dégradations en marge du défilé.
Des revendications qui se croisent
À République, la place était déjà saturée avant le départ, prévu à 14 heures. Les autorités ont fini par en interdire l’accès. Aux abords, des affrontements ont opposé des groupes de personnes aux forces de l’ordre : des projectiles ont été lancés, des gaz lacrymogènes tirés et des véhicules incendiés.
À l’intérieur du cortège, les motifs de la colère variaient selon les manifestants. Lorie, vendeuse de 42 ans et mère de deux enfants, disait manifester parce qu’elle ne se sent pas respectée et vit avec un salaire à peine supérieur au smic. D’autres évoquaient les difficultés à trouver un emploi, à se loger ou à faire face aux dépenses du quotidien.
Des lycéens ont rejoint la manifestation par la rue Lucien-Sampaix. Leur arrivée, au nombre d’une trentaine selon le reportage, a été accueillie par des applaudissements et La Marseillaise. Marie-Thérèse, retraitée de 78 ans qui avait participé à Mai 68, était venue les soutenir. Céline et Benoît, parents d’adolescents, exprimaient eux aussi leur inquiétude face au manque de confiance de leurs enfants dans l’avenir.
La mobilisation rassemblait également des salariés et des personnes venues défendre d’autres causes. Une conseillère principale d’éducation de l’Oise parlait d’un mécontentement général. Une employée des ressources humaines, Clémence, avait choisi un slogan réclamant davantage de moyens pour les cabinets médicaux. Le prix des carburants, le maintien de l’ordre et la montée de l’extrême droite figuraient aussi parmi les sujets évoqués.
Des chiffres différents selon les sources
Dans la soirée, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé 110 000 manifestants à Paris et environ 550 000 dans l’ensemble du pays. Les organisateurs ont, eux, avancé le chiffre de 800 000 participants en France.
Le parcours s’est achevé place de Clichy. En chemin, une vitrine de centre de soins a été marquée d’un slogan transformant « urgences sanitaires » en « urgence sociale ». Près de la gare du Nord, une lycéenne a résumé l’intention qu’elle prêtait au mouvement : manifester non seulement contre une situation, mais aussi pour un avenir meilleur.
Des violences en marge du cortège
Tout au long de la journée, des personnes cagoulées et vêtues de noir ont affronté les forces de l’ordre ou se sont déplacées à proximité du défilé. Autour de République, la police a notamment utilisé des gaz lacrymogènes, mené des charges et eu recours à des canons à eau. Malgré l’interdiction de s’approcher de lieux de pouvoir comme l’Élysée et Matignon, deux cortèges sauvages se sont formés. Des manifestants se sont aussi rassemblés en fin d’après-midi dans le bas des Champs-Élysées.
Dans plusieurs rues de la capitale, des vitrines ont été brisées et des commerces pillés ou incendiés. Ces violences ont accompagné une manifestation où les participants rencontrés exprimaient des préoccupations diverses, souvent liées aux conditions de vie et aux perspectives offertes aux jeunes.
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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