La mobilisation nationale contre la vie chère, organisée le samedi 17 octobre 2026, a rassemblé entre 550 000 et 800 000 personnes selon les estimations rapportées par les organisateurs et la police. Si plusieurs cortèges se sont déroulés sans incident, la journée s’est achevée par des affrontements, des pillages et des incendies dans plusieurs villes. Le ministère de l’Intérieur faisait état d’environ 400 interpellations dans la soirée.
Des tensions à Paris, des violences dans plusieurs villes
À Paris, le cortège principal a quitté la place de la République à 14 h 30 en direction de la place de Clichy. La manifestation s’est déroulée dans le calme, mais les tensions avaient commencé dès la mi-journée aux abords de République. Des affrontements s’y sont poursuivis en début de soirée, tandis que des dégradations étaient signalées dans d’autres quartiers. Un cortège non déclaré, qui se dirigeait vers l’Élysée, a été repoussé par les forces de l’ordre.
La capitale n’a pas été la seule touchée. À Lille, des commerces, dont la boutique du LOSC et une supérette, ont été vandalisés. Des manifestants ont également forcé des entrées de la mairie et saccagé une partie des locaux. À Rennes, plusieurs boutiques ont été prises pour cible. À Lyon, les forces de l’ordre sont intervenues vers 20 heures pour faire cesser des pillages dans les rues commerçantes de la Presqu’île ; une antenne de l’office du tourisme a aussi été incendiée.
À Marseille, plusieurs dizaines de personnes ont brièvement pénétré dans le hall de la mairie après en avoir enfoncé la porte, avant d’être dispersées. À Bordeaux, le RAID a été mobilisé après le saccage de la résidence préfectorale. À Limoges, la mairie a été incendiée. Le préfet de la Haute-Vienne, Maurice Barate, a indiqué que le bâtiment du XIXe siècle était « en grande partie perdu ».

Près de 400 interpellations annoncées
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état d’environ 400 interpellations, majoritairement de personnes majeures. Il a attribué les violences à « l’ultra-gauche ou [à] l’extrême gauche radicale » et dénoncé des attaques visant des bâtiments publics. À Paris, la CRS 8, unité spécialisée dans les violences urbaines, a été appelée en renfort.
Le ministère de la Justice, place Vendôme, avait été visé plus tôt par des jets de peinture et des tags. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a évoqué des rues « méthodiquement ravagées » et prévenu que le bilan des dégradations serait important.
Un manifestant a eu la main arrachée à Saint-Étienne par une grenade lancée par les forces de l’ordre, selon une source proche du dossier. La source ne fournit pas d’autre bilan des blessés.
Des réactions politiques et syndicales
Emmanuel Macron a condamné les pillages et dégradations, assurant que leurs auteurs seraient poursuivis. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé une « violence d’une extrême intensité » et apporté son soutien aux forces de l’ordre. Il présidait samedi soir une cellule interministérielle de crise mise en place pour suivre la situation.
Jean-Luc Mélenchon a déclaré que les personnes partageant le combat contre la vie chère n’avaient pas leur place dans les pillages et les saccages. Marine Le Pen a, de son côté, dénoncé une « prise d’otage par l’extrême gauche » des revendications sociales.
La CGT a appelé le gouvernement à répondre aux revendications et à poursuivre une mobilisation pacifique. Le syndicat a annoncé 1 750 rassemblements ou manifestations et appelé à une journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle le 5 novembre. Les autorités ont comptabilisé 110 000 participants à Paris, 20 000 à Lyon et à Nantes, et 10 000 à Rennes.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)
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Auteur : FRANCE 24




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