À deux jours du scrutin municipal du 3 novembre à Los Angeles, Nithya Raman tente de ravir la mairie à la démocrate Karen Bass. Soutenue par les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), la conseillère municipale fait campagne sur le logement, le sans-abrisme et les services publics. La course reste toutefois serrée : un sondage publié le 28 octobre donnait les deux candidates à égalité. (latimes.com)

Une campagne centrée sur le logement et les services municipaux

Élue au conseil municipal en 2020, puis réélue en 2024, Nithya Raman s’est fait connaître par son engagement sur la crise du logement. Elle promet notamment de tripler le rythme annuel de construction de logements et défend le maintien de loyers abordables. Elle critique aussi la politique de Karen Bass en faveur des locations de courte durée et met en avant une baisse des hausses de loyers qu’elle a contribué à faire adopter.
Sa campagne veut, selon ses termes, bâtir une « ville qui fonctionne ». Raman reproche à la municipalité de consacrer trop de fonds à des projets qu’elle juge politiquement avantageux, au détriment de besoins quotidiens comme l’éclairage des rues et la collecte des déchets.
Le sans-abrisme constitue un autre enjeu majeur. Karen Bass avait mis en avant une baisse du nombre de personnes sans domicile dans la ville entre 2024 et 2025, mais les chiffres les plus récents cités dans le bilan de campagne indiquent une remontée en 2026. La gestion des incendies meurtriers de janvier 2025 a également fragilisé le bilan de la maire sortante.
Une rupture avec Karen Bass, malgré un bilan partagé
Raman avait d’abord soutenu Karen Bass. Elle a finalement annoncé sa candidature quelques heures avant la clôture des inscriptions, estimant que la maire n’accordait pas assez d’urgence au coût du logement et à la crise des sans-abri. Sa position lui permet de critiquer la gestion municipale, mais complique aussi son discours : comme élue du conseil et ancienne responsable d’un comité consacré au logement, elle a participé à une partie des décisions prises sous Bass.
Cette candidature tardive a suscité des critiques, notamment de la Ligue de protection de la police de Los Angeles. Raman avait autrefois défendu le slogan « Defund the Police », qui appelle à réduire les financements policiers. Ses votes ultérieurs ont toutefois parfois soutenu des augmentations de budgets pour les forces de l’ordre. Elle n’a, selon le bilan rapporté par RFI, reçu l’appui d’aucun de ses quatorze collègues du conseil municipal.
Un rapprochement avec Mamdani, sans équivalence
La candidate est souvent rapprochée de Zohran Mamdani, élu maire de New York en 2025 et figure des DSA. Tous deux défendent notamment des politiques progressistes sur le logement. Nithya Raman est née en Inde et a grandi en Louisiane après avoir émigré avec sa famille à l’âge de six ans.
La comparaison a cependant ses limites. Raman siège depuis plusieurs années au conseil municipal de Los Angeles et a déjà exercé des responsabilités sur les questions du logement et du sans-abrisme. L’historienne Emmanuelle Perez-Tisserant souligne ainsi que son parcours diffère de celui d’un candidat extérieur aux institutions locales.
Les DSA ont officiellement apporté leur soutien à Raman après sa qualification pour le scrutin final, malgré des débats internes sur ses prises de distance avec certaines positions du mouvement. La candidate, elle, revendique une certaine indépendance et n’a pas toujours défendu les mêmes orientations que l’organisation.
Gaza, un sujet de campagne clivant
La position de Raman sur Gaza a également attiré l’attention. En mai, lors d’un entretien avec le streamer politique Hasan Piker, elle a qualifié de « génocide » les massacres de civils dans l’enclave depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre. Elle a ensuite défendu sa participation à l’émission, tout en affirmant être en désaccord avec certaines déclarations passées de Piker. Elle dit aussi reconnaître le droit d’Israël à exister.
Cette prise de position pourrait peser sur son soutien électoral, notamment auprès d’une partie de la communauté juive de Los Angeles. Elle correspond aussi, selon Emmanuelle Perez-Tisserant, à une volonté de ne pas éluder les désaccords au sein de l’électorat démocrate.
Raman bénéficie par ailleurs d’appuis dans le milieu du cinéma, et met en avant des propositions pour soutenir l’emploi à Hollywood. Si elle l’emporte, elle devra notamment prendre part à la préparation des Jeux olympiques d’été de 2028. Mais à l’approche du vote, l’issue reste incertaine : le sondage publié le 28 octobre plaçait Bass et Raman à égalité. (latimes.com)
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : Jean-Baptiste Breen







