Ce que dit le parquet — et ce qui reste à vérifier
L’enquête a été confiée à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN). D’après le procureur, le CRS qui a tiré la grenade était habilité et a agi sur ordre de sa hiérarchie. Le magistrat indique aussi que les témoignages recueillis, à une exception près, décrivent un tir à longue distance, puis une grenade au sol dont des personnes se seraient approchées.
Un point essentiel demeure toutefois incertain : l’adolescent a-t-il ramassé l’engin ou a-t-il été atteint lorsqu’il a explosé près de lui ? Le parquet a déclaré ne pas disposer d’une vidéo montrant l’explosion. Les enquêteurs poursuivent l’exploitation des images disponibles, les auditions et les investigations techniques. Le lycéen, toujours hospitalisé selon le procureur, doit être entendu lorsque son état de santé le permettra.
Dans une information publiée plus tard le 10 octobre, TF1 rapporte que l’adolescent conteste, par l’intermédiaire de son avocate, avoir ramassé la grenade. Cette version est à distinguer des éléments évoqués par le parquet : l’enquête doit confronter les témoignages et les indices matériels.
Une enquête en cours, pas une décision de justice
Dire que le tir a été « conforme au mode opératoire » revient à rapporter l’évaluation préliminaire du parquet sur la manière dont l’agent aurait utilisé la grenade. Ce n’est ni un jugement, ni une conclusion définitive sur l’ensemble des responsabilités. La mère du lycéen a déposé plainte pour les blessures de son fils ; les investigations de l’IGPN se poursuivent.
La nuance compte : une plainte déclenche ou alimente une procédure, mais ne prouve pas à elle seule une infraction. De même, une enquête en cours ne signifie pas qu’une personne a été déclarée coupable. À ce stade, aucun jugement n’a été rendu dans cette affaire.
Un usage suspendu pendant les mobilisations lycéennes
Après la blessure de Lens, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé, le 7 octobre, la suspension de l’usage des grenades assourdissantes lors des mobilisations lycéennes, dans l’attente d’éclaircissements sur les faits. Cette mesure concerne leur emploi dans ce contexte précis ; elle ne constitue pas une conclusion sur la légalité du tir du 5 octobre.
Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs indiqué que 24 enquêtes de l’IGPN avaient été ouvertes depuis le début du mouvement lycéen, à la mi-septembre. Ce chiffre porte sur les dossiers confiés à l’inspection, et non sur des manquements déjà établis. L’enquête de Lens devra notamment préciser la séquence de l’explosion et les conditions d’utilisation de la grenade.
Source : La Croix.com – Les derniers articles : Enfant et adolescent. Vérifications complémentaires : ministère de la Justice et informations publiées par TF1 le 10 octobre 2026.
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