Que prévoit le ministère ?
La passation est annoncée pour la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école. Selon le ministère de l’Éducation nationale, les élèves pourront répondre à un questionnaire adapté à leur âge et demander, s’ils le souhaitent, un entretien avec un adulte de confiance. Le ministère présente cette démarche comme un moyen de faciliter le repérage des situations et de mieux protéger les élèves.
Il s’agit d’un projet annoncé pour novembre, et non d’un bilan d’une mesure déjà évaluée. Dans son communiqué du 28 septembre, l’association Enfance & Partage indique avoir rencontré le ministre Édouard Geffray le 23 septembre, avec le Groupe d’Observation et de Protection des Enfants contre les Violences (GOPEV), pour exprimer ses réserves.
Après une réponse, quelle aide pour l’élève ?
Pour l’association, recueillir la parole ne suffit pas : il faut savoir qui reçoit une révélation, comment la situation est évaluée et vers quel professionnel l’enfant est orienté. Enfance & Partage demande notamment un protocole commun pour les personnels concernés, une formation préalable et la vérification des ressources de protection de l’enfance disponibles dans chaque territoire.
L’association soulève aussi la question de l’anonymat : si un élève répond sans pouvoir être identifié, comment assurer un suivi individuel lorsqu’il révèle une situation qui nécessite une protection ? Le communiqué ne donne pas les modalités retenues par le ministère sur ce point. Il réclame également que le dispositif soit adapté à l’âge, au handicap et aux différentes façons de communiquer, puis évalué avant toute généralisation.
Ces demandes sont celles d’Enfance & Partage. Elles ne signifient pas, à elles seules, que le questionnaire sera anonyme ou qu’aucun accompagnement n’est prévu : les modalités détaillées ne sont pas précisées dans les informations ministérielles consultées.
À qui s’adresser si un enfant a besoin d’aide ?
Un questionnaire scolaire ne remplace pas les voies d’aide existantes. Un enfant ou un adolescent peut parler à un adulte de confiance dans son établissement ou dans son entourage. Le 119, Allô enfance en danger, est joignable gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le service propose aussi un tchat destiné aux moins de 21 ans, selon les horaires indiqués sur son site. En cas de danger grave et immédiat, il faut contacter les services d’urgence.
Pour Enfance & Partage, l’enjeu est donc de prévoir, avant la passation, comment chaque révélation pourra être entendue et suivie. L’efficacité du questionnaire dépendra aussi des réponses concrètes que les élèves pourront obtenir après avoir parlé.
Source : Enfance et Partage
Article original : Consulter la source originale