Des restrictions dans la capitale
Quelque 27 000 policiers et paramilitaires ont été déployés à Delhi, rapporte The Indian Express. Les entrées et sorties de plus de 40 stations de métro ont été restreintes, la circulation a été déviée dans le centre-ville et plus de 250 trains ont été annulés, selon le quotidien.
Scroll a également fait état d’une coupure d’Internet dans le centre de la capitale et de rues barrées par des barrières métalliques. Deux journalistes de ce média figureraient parmi les personnes arrêtées. Les chiffres des interpellations diffèrent selon les sources : la police en aurait recensé 500, tandis que The Hindu évoquait 3 000 personnes arrêtées à 14 heures, heure locale.
Abhijeet Dipke, fondateur du Parti du peuple des cafards, a été arrêté vendredi soir à l’aéroport de Delhi, après l’atterrissage de son avion en provenance de Bombay. Une vidéo préenregistrée diffusée sur X lui attribue un appel aux jeunes à poursuivre pacifiquement la manifestation, qui n’avait pas été autorisée.
Le youtubeur Dhruv Rathee, qui compte 32,9 millions d’abonnés, aurait été maintenu à résidence alors qu’il se rendait vers le lieu de rassemblement.
La révision des listes électorales au cœur des tensions
La mobilisation s’inscrit dans le prolongement d’un mouvement étudiant lancé plusieurs mois auparavant contre le chômage, les inégalités dans l’éducation et l’autoritarisme du gouvernement, selon le récit de la contestation. Cette nouvelle séquence vise notamment la Commission électorale et son président, Gyanesh Kumar, dont les manifestants réclament la démission.
Créé à la mi-mai, le Parti du peuple des cafards — ou Cockroach Janta Party — tire son nom de propos du président de la Cour suprême, qui avait comparé les jeunes chômeurs à des cafards. Le parti a rejoint le Congrès, formation d’opposition, dans sa demande de départ du président de la Commission électorale.
Le principal grief porte sur la mise à jour des listes électorales, qui aurait écarté environ 130 millions d’électeurs. La Commission électorale présente cette révision nationale comme une opération de routine visant à retirer des listes les personnes décédées, les doublons et les électeurs jugés inéligibles, rapporte la BBC.
Des opposants contestent la manière dont cette révision a été conduite et estiment qu’elle favoriserait le Bharatiya Janata Party (BJP), le parti du Premier ministre Narendra Modi. Il s’agit d’une accusation portée par les opposants, et non d’un fait établi dans les éléments rapportés.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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