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À 10 ans, le suivi révèle des besoins d’accompagnement chez certains enfants prématurés

À 10 ans, la plupart des enfants nés prématurément sont décrits par leurs parents comme étant en bonne santé et sont scolarisés. Mais, comparés aux enfants nés à terme, ils bénéficient plus souvent de soins liés au développement ou d’un soutien scolaire, et participent un peu moins à certaines activités sociales. Une étude française publiée […]

À 10 ans, le suivi révèle des besoins d’accompagnement chez certains enfants prématurés

À 10 ans, la plupart des enfants nés prématurément sont décrits par leurs parents comme étant en bonne santé et sont scolarisés. Mais, comparés aux enfants nés à terme, ils bénéficient plus souvent de soins liés au développement ou d’un soutien scolaire, et participent un peu moins à certaines activités sociales. Une étude française publiée en septembre 2026 souligne ainsi des besoins d’accompagnement qui peuvent persister jusqu’à l’entrée dans l’adolescence, sans pour autant concerner tous les enfants de la même manière.

Des difficultés plus fréquentes, mais des parcours divers

L’étude compare les données recueillies à l’âge de 10 ans auprès de 2 181 enfants nés prématurément et de 7 236 enfants nés à terme. Les enfants prématurés étudiés étaient nés entre 24 et 34 semaines de grossesse, répartis en trois groupes selon leur âge gestationnel. Les informations proviennent de questionnaires renseignés par les parents ; les données ont été collectées en 2022.

Dans l’article scientifique, les difficultés comportementales sont rapportées pour 18 % des enfants nés entre 24 et 26 semaines, 18 % de ceux nés entre 27 et 31 semaines et 14,5 % de ceux nés entre 32 et 34 semaines, contre 12 % des enfants nés à terme. Le recours à des soins liés au développement — par exemple en orthophonie, psychologie ou psychiatrie — concerne 26 % des enfants prématurés, contre 16,5 % des enfants nés à terme.

Les écarts se retrouvent à l’école : un soutien scolaire est déclaré pour 35 % des enfants nés à 24-26 semaines, 30,5 % de ceux nés à 27-31 semaines et 20 % de ceux nés à 32-34 semaines, contre 12 % chez les enfants nés à terme. La majorité des enfants prématurés est néanmoins scolarisée, et les difficultés ne se confondent pas avec une incapacité à suivre une scolarité ordinaire.

Des écarts aussi dans les activités sociales

Les chercheurs ont également examiné la participation à des activités hors de l’école. À 10 ans, 69 % des enfants nés prématurément pratiquent un sport, contre 77 % des enfants nés à terme. Au cours des douze mois précédents, 54 % avaient été invités à dormir chez un ami, contre 63 % dans le groupe né à terme.

Ces différences sont des constats de groupe : elles ne permettent pas de conclure que la prématurité explique à elle seule les situations individuelles. Les difficultés de comportement et le recours à un soutien scolaire sont également associés à une participation moindre aux activités sociales, mais l’enquête ne suffit pas à établir le sens des liens entre ces phénomènes.

Ce que l’étude permet — et ne permet pas — de conclure

Les résultats proviennent d’une comparaison de deux cohortes françaises, Epipage-2 et Elfe. Dans l’étude publiée dans eClinicalMedicine le 9 septembre 2026, les analyses tiennent compte de caractéristiques du contexte social et de la structure de l’enquête. Les données décrivent des situations déclarées par les parents, plutôt que des évaluations directes des enfants pour chacun des aspects étudiés.

Une limite importante tient à la participation : les taux de réponse étaient d’environ 50 %. Les chercheurs ont pondéré les résultats pour tenir compte du plan d’enquête et des pertes de suivi, mais ces corrections ne peuvent supprimer toute incertitude liée aux familles qui n’ont pas répondu. De plus, l’étude porte sur les enfants nés entre 24 et 34 semaines ; ses résultats ne décrivent donc pas automatiquement le parcours de tous les enfants prématurés.

La conclusion raisonnable est celle d’une vulnérabilité plus fréquente, et non d’un destin uniforme. Les données soutiennent l’intérêt d’un suivi attentif et adapté aux besoins de chaque enfant, notamment lors du passage vers l’adolescence. Elles rappellent aussi que la santé globale jugée bonne par les familles peut coexister avec des besoins scolaires, médicaux ou sociaux particuliers.

Référence scientifique : Véronique Pierrat et al., « Outcome at ten years of children born preterm: the EPIPAGE-2 and ELFE cohort studies », eClinicalMedicine, publié en ligne le 9 septembre 2026, DOI : 10.1016/j.eclinm.2026.104154.


Source : Actualités

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