Refus des habitants d’un foyer pour mineurs dans une commune de retraités à 650 000 euros
Rififi à Saint-Georges-d’Orques : Controverse autour d’un foyer pour mineurs
Saint-Georges-d’Orques, Hérault – Le département de l’Hérault s’apprête à finaliser l’achat d’une villa pour y accueillir des enfants placés sous l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Cependant, un collectif de riverains s’oppose fermement à ce projet, qu’ils jugent coûteux et inadapté à leur quartier résidentiel, majoritairement occupé par des retraités.
L’affaire a débuté fin août 2026, lorsqu’un habitant de la rue de l’Aire a découvert que le département avait signé une promesse de vente pour une maison au prix d’environ 650 000 euros. Cette villa devrait accueillir jusqu’à six enfants âgés de 6 à 10 ans. Les membres du collectif, soutenus par le maire, Maxime Pons, soulignent que ce projet n’a pas été discuté avec les riverains ni avec la municipalité. Ils estiment que l’emplacement est inadapté, évoquant un manque de places de stationnement et des inquiétudes concernant des conflits potentiels lors des visites familiales.
Maxime Pons a déclaré : « Le collectif n’a aucun grief contre l’installation de jeunes en difficulté. Nous souhaitons d’abord pointer le fait que le projet n’a pas été réalisé en concertation. » Les habitants craignent également que la villa, qui comprend une piscine à aménager pour des raisons de sécurité, représente un gaspillage d’argent public, surtout alors que certains d’entre eux ont vu leur taxe foncière augmenter.
Depuis le lancement d’une pétition, le collectif a recueilli plus de 400 signatures, dépassant largement les habitants de la rue. Cependant, des réactions sur les réseaux sociaux montrent un soutien pour les jeunes en difficulté, certains affirmant qu’il est préférable qu’ils soient accueillis dans des environnements comme Saint-Georges-d’Orques plutôt que dans des quartiers moins favorisés.
Jean-François Audrin, le maire, a déposé un recours symbolique devant le tribunal pour contester le projet, bien que cela n’ait pas de conséquence juridique. Il a exprimé son souhait d’avoir été consulté pour proposer un lieu plus adapté, soulignant que la maison se trouve à une quinzaine de minutes à pied de l’école primaire.
Le département justifie l’acquisition par la nécessité de nouveaux locaux pour accueillir plus de 3 000 enfants dans l’ASE. Véronique Calueba, vice-présidente du département, a expliqué que le choix de cette maison répond à un besoin de réduire la surcharge dans les foyers existants. Elle a précisé que le département n’avait pas d’obligation de consulter la mairie pour cet achat.
Le projet, qui vise à fournir un hébergement provisoire pour des enfants en attente de placement en famille d’accueil, devrait se concrétiser prochainement, avec la signature de l’acte de vente imminente.
Source : France 3 Régions
