YouTube, Facebook et TikTok favorisent la diffusion de contenus d’extrême droite.
Les systèmes de rémunération de YouTube, Facebook et TikTok encouragent la publication de faux contenus d’extrême droite
Le groupe de réflexion Reset Tech a récemment révélé l’ampleur inquiétante de la désinformation à but lucratif sur les réseaux sociaux, mettant en lumière la prolifération de faux contenus d’extrême droite. Selon leur rapport, 1 703 fausses chaînes YouTube, 4 642 fausses pages Facebook et 256 faux comptes TikTok ont été identifiés.
Cette désinformation vise à déstabiliser les débats politiques, notamment à l’approche de l’élection présidentielle française de 2027. Des candidats tels que Gabriel Attal et Édouard Philippe ont déjà été ciblés par de fausses informations, souvent d’origine russe, selon des enquêtes en cours. Cependant, Reset Tech souligne que cette désinformation peut également être motivée par des gains financiers, plutôt que par des objectifs politiques.
Les chercheurs ont analysé ces faux comptes pendant huit mois, de septembre 2025 à mai 2026, et ont constaté qu’ils ciblaient non seulement la France, mais aussi d’autres pays occidentaux tels que le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis. En France, 36 000 publications générées par intelligence artificielle ont été identifiées, provenant de 400 pages Facebook administrées depuis le Sri Lanka.
Ces faux contenus, souvent sensationnalistes, utilisent des titres accrocheurs tels que « urgent » ou « scandale » et cherchent à susciter des émotions fortes. Bien que certains véhiculent des messages prorusses, la majorité des contenus se concentrent sur des thèmes susceptibles de générer des clics et des partages, favorisant ainsi leur monétisation.
Le rapport indique que ces réseaux ont collecté plus de 100 millions d’abonnés cumulés et ont généré près d’un million de publications et de vidéos, avec une portée de quatre milliards de vues. Reset Tech a également noté que les plateformes ne sont pas suffisamment transparentes concernant la rémunération de ces contenus, qui peut atteindre des montants significatifs.
Marc-Antoine Brillant, directeur de Viginum, a averti que ces ingérences à but lucratif représentent un « tsunami » imminent. Reset Tech appelle à une régulation accrue des plateformes, qui devraient respecter leurs propres règles contre la désinformation.
Source : Reset Tech.
