Présidentielle 2027 : la lutte contre les ingérences numériques et la désinformation.
Présidentielle 2027 : Contrer les ingérences étrangères numériques en toute transparence
Les ingérences numériques étrangères représentent une menace sérieuse pour l’intégrité des processus électoraux en France. À l’approche de la présidentielle d’avril 2027, cette problématique suscite des préoccupations parmi les hautes autorités de l’État et les partis politiques, qui se préparent à affronter ces défis.
Pour faire face à ces menaces, Viginum, un service technique de l’État, a été mis en place en 2021. Actuellement, il compte 65 agents chargés de détecter et de caractériser les ingérences numériques étrangères selon des critères précis. Anne-Sophie Dhiver, cheffe de service adjointe de Viginum, souligne les principaux indicateurs d’alerte :
- Contenu manifestement inexact ou trompeur
- Comportements et techniques de diffusion inauthentiques et coordonnées
- Marqueurs d’extranéité, incluant la détection d’opérateurs étrangers, qu’ils soient étatiques ou non-étatiques
- Menaces avérées contre les intérêts nationaux, notamment l’intégrité du scrutin
La présidentielle de 2027 sera le huitième scrutin protégé par Viginum, en collaboration avec d’autres organes de l’État tels que la Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l’élection présidentielle (CNCCEP) et l’ARCOM, le régulateur des médias, qui dispose d’un mandat spécifique en période électorale.
Un rapport publié en juin 2026 a documenté plusieurs cas d’ingérences numériques lors des élections municipales de mars 2026. Bien que ces tentatives aient été bien identifiées, elles n’ont pas réussi à perturber le déroulement des élections.
Le mercenariat de l’ingérence étrangère
Les modes opératoires d’ingérence ont évolué, avec des méthodes bien connues telles que celles associées à Storm 1516, un renseignement militaire russe. De nouveaux modes opératoires, comme Rokh Solis, ont été identifiés, ciblant des partis politiques tels que La France insoumise. Anne-Sophie Dhiver a également révélé que certaines ingérences recourent à des prestataires étrangers, comme la société israélienne Blackcore.
Une tendance préoccupante émerge également : les ingérences numériques à but lucratif, qui exploitent des contenus trompeurs pour générer un fort engagement en ligne. Ces contenus sont souvent créés dans le but de tirer profit des solutions publicitaires des plateformes ou des programmes de monétisation pour les créateurs.
Cette émission fait partie de la série « L’Europe face aux menaces informationnelles », cofinancée par l’Union européenne, en partenariat avec France 24, l’AFP, et le média d’investigation slovène Oštro.
Source : RFI
