Documentaire examine l’histoire du narcotrafic à Marseille, un phare noir de la criminalité
Marseille, phare noir de la criminalité : la série documentaire « Narcorama » explore le narcotrafic
Marseille, souvent associée aux règlements de comptes entre gangs, est au cœur d’une nouvelle série documentaire intitulée Narcorama, il était une fois Marseille, réalisée par Vincent Hérissé. Diffusée à partir du 18 septembre sur France.tv, cette série retrace l’histoire du narcotrafic dans la cité phocéenne, révélant l’étendue des liens entre cette ville et le commerce de stupéfiants.
Un passé chargé de violence
La série offre une immersion dans l’âge d’or de la French Connection, mettant en lumière la violence des années 1970 et l’implantation des trafics de drogue dans les cités. À travers des témoignages de magistrats, policiers, acteurs du milieu et familles de victimes, l’enquête examine les racines sociales et géographiques du phénomène, tout en interrogeant la responsabilité des politiques publiques.
Selon Vincent Hérissé, le choix de commencer par les victimes de règlements de comptes est essentiel. « Ce sont les morts qui font qu’aujourd’hui on s’intéresse au narcotrafic », explique-t-il. Il cite la fusillade du Clos la Rose en 2010, durant laquelle un adolescent de 16 ans a été tué, comme un tournant pour la prise de conscience des autorités concernant le trafic de drogue, qui proliférait déjà depuis les années 1990.
Un phénomène enraciné
L’histoire du narcotrafic à Marseille est profondément ancrée dans son histoire. La ville, premier port de Méditerranée et premier port colonial français, a vu émerger des trafics d’opium et d’héroïne dès les années 1920. Aujourd’hui, le cannabis et la cocaïne dominent le paysage, avec des organisations criminelles qui se sont structurées au fil du temps.
Le documentaire souligne que le milieu traditionnel corso-marseillais a été progressivement érodé par la répression, laissant place à de nouvelles figures du trafic, comme Farid Berrahma, qui a su lier le grand banditisme aux cités.
Une lutte complexe
La question de l’efficacité des moyens mis en place pour lutter contre le narcotrafic est cruciale. Les services des douanes, par exemple, ne peuvent contrôler qu’une fraction des conteneurs entrant au port de Marseille, ce qui complique considérablement la lutte contre le trafic de cocaïne. La consommation croissante de stupéfiants, notamment de cocaïne, touche tous les milieux sociaux, rendant d’autant plus urgent le besoin de politiques de prévention.
Vincent Hérissé conclut que sans une approche sérieuse de la consommation de drogue, il sera difficile d’endiguer le narcotrafic. La série Narcorama met ainsi en lumière non seulement l’histoire du trafic à Marseille, mais aussi les défis contemporains d’une ville encore marquée par la violence et l’absence de solutions durables.
Source : Franceinfo
