La COP31 s’ouvre le 9 novembre à Antalya, en Turquie, et doit durer jusqu’au 20 novembre. L’électrification figure parmi les pistes mises en avant par Ankara et Canberra : l’objectif évoqué est de porter à 35 % la part de l’électricité dans la consommation énergétique mondiale d’ici 2035, contre environ 20 % aujourd’hui. Mais la sortie des énergies fossiles et le financement de l’action climatique restent des sujets de désaccord. (unfccc.int)

L’électricité, un enjeu énergétique et climatique

La Turquie accueille le sommet, tandis que l’Australie conduit les négociations. Les représentants d’un peu moins de 200 pays doivent se retrouver à Antalya alors que les émissions de dioxyde de carbone continuent d’augmenter et que les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint un niveau record en 2025, selon les éléments rapportés par l’ONU à la fin du mois d’octobre.
La Turquie et l’Australie ont inscrit l’industrialisation verte et la transition vers des énergies propres parmi les priorités de la conférence. Accroître l’usage de l’électricité est aussi présenté comme un moyen de réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés.
Une analyse de l’Agence internationale de l’énergie estime qu’une électrification plus rapide pourrait faire baisser de plus de 400 milliards de dollars, soit 357 milliards d’euros, la facture énergétique des pays importateurs de combustibles fossiles d’ici 2035, par rapport à 2025. L’Agence évoque un scénario de transition accélérée, et non une économie garantie. (iea.org)
La sortie des énergies fossiles reste disputée
Le charbon, le pétrole et le gaz devraient de nouveau occuper une place centrale dans les discussions. Aucun consensus n’a jusqu’ici été trouvé sur leur abandon progressif, alors que ces combustibles sont la principale source du réchauffement climatique.
L’Allemagne et l’Union européenne souhaitent relancer les discussions sur une sortie mondiale des énergies fossiles, selon le ministre allemand de l’Environnement, Carsten Schneider. Mais des pays producteurs de pétrole, dont l’Arabie saoudite, ont déjà bloqué des projets d’accord comprenant de telles mesures. La Chine pourrait également s’opposer à des propositions qu’elle jugerait comme une ingérence dans ses choix énergétiques nationaux.
Les négociations se déroulent dans un cadre où les décisions finales doivent être adoptées par consensus. Chaque État peut donc faire obstacle à une résolution majeure. Les guerres, les tensions commerciales et les difficultés économiques constituent d’autres facteurs susceptibles de compliquer les discussions.
Des alliances plus restreintes en complément
Pour David Victor, spécialiste du climat à l’université de Californie à San Diego, des avancées peuvent aussi se construire au sein de groupes plus restreints réunissant gouvernements et entreprises. Ces alliances, qu’il désigne comme des « clubs », pourraient travailler sur des solutions dans des secteurs comme l’aviation, le transport maritime ou l’électromobilité.
La conférence de Santa Marta, organisée en Colombie en avril, illustre cette démarche. La Colombie et les Pays-Bas avaient réuni des représentants de 57 pays et de secteurs économiques pour discuter d’une réduction progressive de l’usage du charbon, du pétrole et du gaz, après l’échec d’un accord sur le sujet lors du sommet climatique de 2025.
Le financement, point de tension avec les pays vulnérables
Les pays en développement réclament davantage de soutien pour faire face aux conséquences du changement climatique. À la COP29, les pays industrialisés se sont engagés à mobiliser au moins 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour financer l’action climatique. Les modalités de versement restent toutefois floues, tandis que certains pays ont réduit leur aide au développement.
L’Allemagne a consacré 4,7 milliards d’euros de son budget 2025 au financement climatique international, contre 6,1 milliards en 2024. Jan Kowalzig, spécialiste du climat chez Oxfam Allemagne, juge le soutien actuel insuffisant. Le respect des engagements financiers pèsera aussi sur la confiance entre les pays au cours des négociations d’Antalya.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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