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Les artistes générés par IA gagnent du terrain sur le streaming et menacent les revenus des musiciens

Des chanteurs fictifs, des foules fabriquées et des morceaux produits par des outils génératifs se multiplient sur les réseaux sociaux et les plateformes d’écoute. Certains projets attirent des millions de vues et peuvent rapporter plusieurs milliers d’euros à leurs créateurs. Leur essor soulève des questions de transparence et de partage des revenus, alors que les règles européennes applicables depuis le 2 août 2026 ne prévoient pas une obligation d’étiquetage uniforme dans toutes les situations.

Detailed shot of hands playing a classic electric guitar indoors.
Justin L U C K · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Des indices parfois visibles dans les images

Road signs pointing to Chamonix Centre and Les Praz against a forest backdrop in France.
Jose Rodriguez Ortega · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Dans une vidéo mettant en scène le chanteur fictif PVNDV, un brassard porte une inscription mal orthographiée et certains visages du public semblent déformés. Ces détails peuvent trahir une fabrication numérique. Mais ils ne sont pas toujours faciles à repérer, et des vidéos de ce type circulent sans que leur origine soit signalée.

Les Vérificateurs de TF1-LCI ont recensé plusieurs dizaines de chanteurs francophones virtuels. Beaucoup sont représentés masqués : ce choix participe à leur identité visuelle, mais peut aussi éviter de montrer des visages ou des expressions susceptibles de révéler les imperfections des images générées.

Des écoutes transformées en revenus

Le but de ces projets est souvent de générer des écoutes et d’en tirer des revenus. Dans la plupart des cas recensés, les sommes évoquées se limitent à quelques centaines d’euros. Certains artistes fictifs atteignent toutefois une audience bien plus importante.

Le chanteur masqué Doz cumule, selon TF1, 150 millions de vues sur les réseaux sociaux et 260 000 auditeurs mensuels sur les plateformes de musique, un volume comparable à celui de Bénabar. TF1 estime que son créateur pourrait ainsi percevoir quelques milliers d’euros par mois. Il s’agit d’une estimation, et non d’un montant confirmé par le créateur.

L’enjeu dépasse donc la question de savoir si un auditeur peut apprécier un artiste virtuel : rien n’interdit, en soi, de créer ou d’écouter ce type de projet. La crainte porte aussi sur la part des écoutes et des revenus qui pourrait échapper aux musiciens bien réels. TF1 rapporte une projection selon laquelle ces derniers pourraient perdre jusqu’à un quart de leurs revenus d’ici à 2028, à mesure que les faux chanteurs captent davantage d’écoutes.

Des obligations de transparence à préciser

Le règlement européen sur les systèmes génératifs est applicable depuis le 2 août 2026. Il impose notamment aux fournisseurs de systèmes qui produisent des contenus audio, visuels ou textuels de prévoir un marquage détectable par machine. D’autres obligations d’information concernent certaines situations, notamment la diffusion de contenus truqués. Ces règles ne signifient toutefois pas que tout morceau créé à l’aide de ces outils doit automatiquement porter une mention publique dès lors qu’il rapporte de l’argent. (digital-strategy.ec.europa.eu)

Dans le cas d’un artiste virtuel présenté comme réel, la question d’une éventuelle pratique commerciale trompeuse peut également se poser. L’avocat spécialisé en droit du numérique Arnaud Di Meglio, cité par TF1, estime qu’une absence de signalement pourrait relever de cette qualification. Selon lui, les sanctions évoquées peuvent aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende pour la personne physique responsable. Il s’agit d’une possibilité juridique, et non d’une condamnation automatique.

La rédaction de TF1info indique enfin que les créateurs de contenus générés qui ne respecteraient pas les obligations applicables s’exposent à des sanctions pouvant atteindre 3 % de leur chiffre d’affaires. Les modalités dépendent toutefois des règles en cause et de la situation considérée. (digital-strategy.ec.europa.eu)


Source : TF1 INFO – L'info pour tous et pour chacun (www.tf1info.fr)

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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