Le 7 novembre, le juge paraguayen Hernan Otazu a ordonné le placement en détention préventive de Santiago Peña, destitué la veille de la présidence. L’ancien chef de l’État est poursuivi dans le cadre de l’enquête sur la défaillance d’Ueno Bank, qui a bloqué les dépôts de près de trois millions de clients.

Une détention dans une installation militaire

Après avoir été assigné à résidence, Santiago Peña avait été transféré vendredi soir dans une installation militaire de la garde présidentielle, pour des raisons de sécurité. Il y restera détenu provisoirement, a indiqué le juge à l’issue de l’audience tenue à Asuncion.
Plus tôt samedi, l’ancien président et Carlos Carvallo, qui dirigeait la Banque centrale du Paraguay, ont été inculpés d’« abus de confiance » et de « gestion à des fins personnelles ». Ces accusations s’inscrivent dans l’enquête sur les opérations financières liées à Ueno Bank.
Selon des extraits de l’acte d’accusation consultés par l’AFP, il est reproché à Peña d’avoir favorisé une forte augmentation et une concentration de fonds publics et de fonds de pension dans la banque, pour un montant équivalent à plus de 800 millions de dollars. L’ancien président détenait jusqu’en 2025 des actions dans une holding propriétaire de l’établissement. Ces éléments relèvent des accusations portées contre lui.
Une crise bancaire devenue politique
La crise a éclaté mardi, lorsque la Banque centrale a placé Ueno Bank sous tutelle pour insolvabilité. L’intervention a gelé les dépôts de près de trois millions de personnes, selon le nombre de clients revendiqué par la banque. Des entreprises, des institutions et des fonds de pension ont également été touchés.
La crise a rapidement conduit à la destitution de Santiago Peña. Le Sénat l’a reconnu coupable à l’unanimité de « mauvais exercice de ses fonctions ». Son mandat devait normalement se poursuivre jusqu’en 2028. Jeudi, il avait présenté sa démission, mais le Parlement l’a refusée, ouvrant la voie à la procédure de destitution.
Lors du procès politique, des sénateurs l’ont accusé d’avoir laissé des fonds de retraite être dirigés vers une banque liée à son entourage. Le sénateur Adrián Vaesken a dénoncé une subordination de l’intérêt public à des intérêts privés. Ces propos constituent les arguments avancés par les élus dans la procédure.
Les premiers remboursements annoncés
Le vice-président Pedro Alliana, devenu président après la destitution, a promis que les personnes affectées seraient indemnisées. Samedi, la Banque centrale a annoncé que près de 1,2 million de petits épargnants avaient récupéré leur argent grâce au Fonds de garantie, sur des comptes ouverts dans d’autres banques. Les remboursements se poursuivent par étapes, en commençant par les petits comptes. Plusieurs agences bancaires sont restées ouvertes exceptionnellement pendant le week-end.
La crise a aussi des répercussions en Argentine : un millier d’employés d’ITTI, une entreprise technologique appartenant au même groupe qu’Ueno, ont été suspendus pendant 30 jours sans salaire.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)
Auteur : FRANCE 24
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