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Cameroun : un an après son investiture, Biya est critiqué pour l’absence de remaniement

Un an après sa prestation de serment, le 6 novembre 2025, Paul Biya n’a toujours pas remanié son gouvernement. L’opposition dénonce une année d’immobilisme et une répression persistante, tandis que les soutiens du président assurent que le pouvoir maîtrise la situation. La nomination d’un vice-président et la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale restent attendues.

Men performing traditional music at a vibrant cultural festival in Batoufam, Cameroon.
Xavier Messina · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Un gouvernement toujours en attente de remaniement

View of the United Nations Office in Geneva adorned with flags of various countries.
Hugo Magalhaes · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Douze mois après l’investiture de Paul Biya, l’équipe du Premier ministre Joseph Dion Ngute est toujours en place et gère les affaires courantes. Ce statu quo nourrit les critiques de l’opposition, qui estime que les promesses de changement n’ont pas été suivies d’effets.

Jojo Bedimo Kouo, directeur de la communication du Mouvement pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), décrit le bilan de l’année comme une période de recul. Il affirme que le président était déjà absent en 2025 et que, selon lui, la situation s’est aggravée depuis.

Des bilans opposés après les contestations

Les tensions autour de la présidentielle de 2025 continuent de peser sur le climat politique. Plusieurs personnes interpellées lors des manifestations postélectorales, dont Dominique Djeukam Tchameni, sont toujours incarcérées. Le candidat malheureux Issa Tchiroma Bakary a, lui, gagné la Gambie en novembre 2025.

Le bilan des morts lors des contestations varie selon les sources citées : le gouvernement en dénombre 16, contre plus de 55 selon des organisations telles que Human Rights Watch. En décembre 2025, Anicet Ekané, président fondateur du Manidem, est mort en détention.

Du côté du pouvoir, David Edoung Ndoun, responsable départemental de la Jeunesse présidentielle à Douala et membre du RDPC, soutient que Paul Biya garde le contrôle de la situation. Il met en avant, entre autres, la transformation d’Eneo en Socadel, qu’il présente comme une nationalisation, ainsi qu’une amélioration progressive de la propreté urbaine et de la gestion des impôts. Ces éléments relèvent de son appréciation.

Chômage, corruption et conflit anglophone au cœur des critiques

Jojo Bedimo Kouo estime que le pays reste confronté au chômage, à la corruption et à une crise économique persistante. Il évoque également le conflit dans les régions anglophones, les détournements de fonds, les féminicides et l’affaire Martinez Zogo. Ses propos traduisent la position du Manidem et ne constituent pas un bilan indépendant de ces sujets.

Le représentant du Manidem accuse par ailleurs les soutiens du président de défendre une image du pouvoir qui, selon lui, ne correspond plus à la réalité. À l’inverse, David Edoung Ndoun affirme que les personnes désignées par Paul Biya dirigent l’État et que les autorités maintiennent l’ordre. Il cite notamment la suspension temporaire d’un parti politique comme signe que les institutions agissent.

La vice-présidence et le nouveau gouvernement attendus

Au sein des familles touchées par les arrestations, l’absence de changement institutionnel suscite aussi des interrogations. Samory Tchameni, fils de Dominique Djeukam Tchameni, toujours détenu, s’interroge sur l’utilité de l’élection dans un contexte où, selon le récit de la source, la répression des opposants se poursuit.

Un an après l’investiture, deux décisions restent particulièrement attendues : la formation d’un nouveau gouvernement et la nomination d’un vice-président, prévue par la révision constitutionnelle mentionnée dans le débat politique. Leur absence alimente les critiques sur le fonctionnement du pouvoir, sans que les déclarations des opposants et des soutiens présidentiels permettent à elles seules d’établir un bilan commun.


Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)

Auteur : Henri Fotso

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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