Au Tchad, la raréfaction des points d’eau attise les tensions entre éleveurs et agriculteurs. Dans la zone de Koula, dans le sud-ouest du pays, des affrontements autour d’une mare ont fait au moins 25 morts et 22 blessés, selon le bilan rapporté par DW. L’usage récurrent d’armes à feu transforme ces différends en violences meurtrières, tandis que les forces de l’ordre interviennent souvent après les faits.

Une dispute autour d’une mare à Koula

Le drame est parti d’un désaccord entre un éleveur de la communauté Kreda, venu faire boire son troupeau, et un agriculteur de la communauté Kouka. La dispute a dégénéré en affrontements entre les deux groupes.
La concurrence pour l’eau et les terres est au cœur de nombreux conflits agropastoraux au Tchad. La situation est aggravée, selon les éléments rapportés par DW, par la baisse des précipitations, la pression démographique, une gestion foncière défaillante et l’insécurité transfrontalière.
Des ressources en eau sous pression
Abba Daoud Nandjédé, secrétaire général de l’Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l’Environnement (ADHET), décrit une diminution des pluies, l’assèchement de mares et la baisse des nappes phréatiques. Ces évolutions réduiraient le nombre de points d’eau disponibles toute l’année.
Il souligne aussi le manque de stations de pompage, qui pousse éleveurs et agriculteurs à se retrouver autour des mêmes sources. Dans le même temps, l’augmentation des cheptels et l’extension des terres cultivées réduisent, selon lui, les couloirs empruntés par les animaux. Cette concentration des usages nourrit les tensions autour de l’eau et du foncier.
Des armes dont la provenance est discutée
Au-delà de la pénurie, la présence d’armes à feu dans les affrontements inquiète. Moussa Ibrahim, un éleveur rencontré près de N’Djamena, met en cause le rôle de certains bouviers employés par des généraux, qui détiendraient des armes pour garder leurs troupeaux. Il affirme que les éleveurs vivant de leurs activités et de l’agriculture n’ont pas, selon lui, de différend avec les agriculteurs.
Abba Daoud Nandjédé avance une autre explication : une partie des armes proviendrait de marchés clandestins. Il relie la circulation de ces armes à l’effondrement de l’État libyen et indique que des membres des deux communautés chercheraient à s’en procurer pour protéger leurs troupeaux ou se défendre face à l’insécurité. Ces éléments sont rapportés comme les analyses et témoignages des personnes interrogées.
Des interventions souvent après les violences
Selon le reportage, les forces de l’ordre interviennent généralement après les affrontements pour constater les dégâts. L’État apparaît ainsi peu présent au moment où les tensions éclatent, alors que l’accès aux rares points d’eau disponibles met en contact direct les communautés concernées.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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