Les captures accidentelles de mammifères marins et d’autres espèces protégées dans le golfe de Gascogne soulèvent des préoccupations croissantes, notamment en raison de la pression exercée par l’Union Européenne. Face à cette situation complexe, la France a mis en place des mesures visant à réduire ces incidents, essentielles pour la préservation de la biodiversité marine.
Les enjeux de la réglementation européenne
Les captures accidentelles d’espèces marines protégées représentent un défi majeur sur les plans scientifique, environnemental, économique et social. La Commission Européenne a engagé une procédure de contentieux à l’encontre de la France, lui alertant sur des manquements au regard des obligations de protection des espèces marines. En juillet 2022, un avis motivé a été adressé aux autorités françaises.
En mars 2023, suite à une plainte déposée par trois associations de défense de l’environnement, le Conseil d’État a ordonné au gouvernement de prendre des mesures concrètes, telles que la fermeture temporaire de la pêche dans certaines zones sensibles et l’intensification des observations maritimes pour mieux évaluer l’ampleur des captures accidentelles.
Le plan d’action national
Pour répondre à cette problématique, la France a élaboré un plan d’action national visant à réduire les captures accidentelles de petits cétacés. Ce projet inclut l’équipement obligatoire de certains navires en caméras embarquées et en dispositifs techniques destinés à limiter les captures accidentelles, tels que les pingers. De plus, une mesure de fermeture saisonnière de la pêche a été instaurée chaque hiver entre le 22 janvier et le 20 février, concernent à la fois les navires français et européens.
Contributions du programme Obscame+
Le programme Obscame+ s’inscrit dans cette démarche avec un suivi renforcé des captures accidentelles, utilisant des caméras embarquées sur une centaine de fileyeurs et une quinzaine de chalutiers. Initialement focalisé sur les mammifères marins, le programme a étendu son champ d’étude à d’autres espèces protégées, telles que les tortues marines et les oiseaux marins, sur la base du volontariat des armateurs.
Ce programme revêt une importance capitale pour évaluer l’efficacité des matériels techniques mis en place pour réduire les captures accidentelles. Il vise également à développer des outils automatisés de traitement des vidéos, permettant de diminuer le temps nécessaire à l’analyse par les observateurs humains, réduisant ainsi les coûts liés au suivi.
Perspective d’avenir
Alors que la France et les autorités maritimes intensifient leurs efforts pour protéger la biodiversité marine dans le golfe de Gascogne, le succès des initiatives mises en œuvre dépendra de la coopération entre les différents acteurs du secteur maritime. La réduction des captures accidentelles est non seulement un enjeu de conservation, mais aussi un impératif pour répondre aux exigences réglementaires européennes et préserver les écosystèmes marins, face à une pression croissante.
Source : Office français de la biodiversité (ofb.gouv.fr)
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