Les manifestations du jeudi 5 novembre ont rassemblé des foules nombreuses dans toute la France, sur fond de revendications salariales et de pouvoir d’achat. Les estimations divergent fortement : les organisateurs avancent près de 1,6 million de participants, contre 575 000 selon les autorités. Dans les cortèges, certains veulent poursuivre la mobilisation, tandis que d’autres s’inquiètent de son coût et de ses chances d’aboutir.

Des revendications communes, des cortèges variés

À Douai, dans le Nord, la CGT a évalué entre 1 000 et 1 200 le nombre de manifestants réunis place d’Armes. Sa responsable locale, Karine Classe, a estimé que le cortège était plus fourni que lors du 17 octobre. Lycéens, étudiants, enseignants, retraités, cheminots, ouvriers et agents publics y défilaient, avec des revendications portant notamment sur les salaires, le pouvoir d’achat et les services publics.
La mobilisation s’est aussi traduite par des scènes différentes selon les villes. À Nantes, le rassemblement s’est formé près du miroir d’eau, au pied du château des ducs de Bretagne. À Lyon, un orchestre a accompagné le départ du cortège. À Limoges, la CGT locale a comptabilisé près de 17 000 personnes.
Pour Carole, infirmière de 55 ans à Limoges, la hausse des dépenses de carburant pèse lourd : elle dit dépenser 200 euros par semaine pour ses déplacements liés aux rendez-vous médicaux de son fils. Elle a participé à la manifestation sans faire grève, expliquant que l’équipe de nuit de son hôpital manque déjà de personnel.
Fatigue et détermination se côtoient
Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne et des actions contre la vie chère, la question de la suite du mouvement s’est imposée dans les cortèges. À Douai, un lycéen évoquait sa fatigue après s’être levé tôt pour tenter de bloquer son établissement. Léa, 16 ans, disait chercher à convaincre ses parents de rejoindre les manifestants, alors qu’ils estimaient que la mobilisation avait assez duré.
D’autres participants restent déterminés. Elsa, salariée d’une association à 23 ans, se dit prête à continuer à défiler, même si elle doute que le gouvernement tienne compte des manifestations. À Limoges, Jacques, 82 ans, et son épouse Annie, 81 ans, souhaitent poursuivre leur engagement pour défendre l’avenir des jeunes.
Certains envisagent aussi de durcir l’action. Olivier, délégué syndical CGT chez Legrand, défend l’idée de blocages dans les usines pour étendre la mobilisation au monde du travail. À Paris, des sapeurs-pompiers de l’Aisne, en grève depuis trois mois et demi selon leur représentant Mehdi Dumontroty, affirment vouloir continuer à porter leurs revendications.
Mais la poursuite des journées de grève a un coût pour les manifestants. Audrey, professeure des écoles à Douai, estime avoir perdu 80 euros ce jour-là. Elle rappelle que les mobilisations de 2023 contre la réforme des retraites lui avaient déjà coûté 700 euros. À Paris, Manuele, cheminot et délégué SUD-Rail, souligne lui aussi que les fins de mois sont difficiles malgré sa participation au mouvement.
Des incidents signalés et une conférence annoncée
La journée s’est déroulée dans un calme notable dans la plupart des villes, mais des dégradations ont été signalées à Paris par la préfecture de police. À Tournefeuille, près de Toulouse, des élèves du lycée Françoise ont été évacués après un incendie dans les locaux de la vie scolaire. En amont de la mobilisation, Laurent Nuñez avait annoncé le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes sur le territoire.
En fin de journée, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une conférence sociale à Matignon le lundi 9 novembre, avec les organisations syndicales et patronales. Elle doit porter sur le pouvoir d’achat et les salaires. Les centrales syndicales réclament notamment une hausse significative du smic.
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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