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En Europe, la Gen Z se mobilise pour peser sur son avenir et dénoncer les inégalités

De l’Europe à l’Asie, en passant par l’Afrique et l’Amérique latine, des jeunes se mobilisent malgré des revendications différentes. Au cœur de cette contestation, un même sentiment : l’avenir paraît moins prometteur que celui de leurs parents. Un dossier de Courrier international décrit une génération qui cherche à peser davantage sur les décisions qui la concernent.

Protesters in Paris holding signs during a peaceful demonstration focusing on unity and solidarity.
Bako Harry R. · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une jeunesse qui veut reprendre la main

Paris comique sous le second Empire.png
Own work · CC0 · Source : commons.wikimedia.org

France, Albanie, Italie, Espagne, Belgique, Allemagne, Tunisie, Chili : les mobilisations recensées traversent des pays aux contextes différents. Elles s’inscrivent dans une contestation déjà présente en Inde, en Indonésie ou en Serbie. Pour les jeunes manifestants, les mots d’ordre varient, mais l’inquiétude face à l’avenir revient souvent.

Elisabeth von Thadden, journaliste à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, évoque une « joie de vivre en berne ». Elle rapporte qu’un jeune sur deux estime que sa génération s’en sortira moins bien que celle de ses parents, selon une étude de la Fondation Konrad-Adenauer sur les moins de 30 ans en Europe. Le constat met en lumière le décalage entre les aspirations des jeunes et les perspectives qu’ils perçoivent.

Longtemps décrite comme apathique ou absorbée par les écrans, la génération Z apparaît, dans les récits de la presse étrangère, sous un autre jour : politisée, inventive et déterminée à se faire entendre. Elle dénonce notamment les inégalités et réclame une place dans la construction de son avenir.

Emploi, dignité et décisions publiques

En Italie, la journaliste Concita De Gregorio a cherché à comprendre ce qui anime les jeunes en échangeant avec ses propres enfants et en rencontrant des manifestants. Son reportage dans La Repubblica décrit un refus de l’idée qu’il faudrait accepter n’importe quel sacrifice pour obtenir un emploi. Derrière cette rupture avec les attentes des générations précédentes se trouvent des préoccupations concrètes : le travail, un salaire minimum et la possibilité de mener une vie digne.

Le fossé générationnel se manifeste aussi dans les choix budgétaires. Dans une interview à Der Spiegel, Tim Vlandas, chercheur en économie politique à l’université d’Oxford, emploie le terme de « gérontonomie » pour désigner une économie où les priorités des personnes âgées pèseraient davantage. Il estime que les gouvernements privilégient le maintien du niveau des retraites au financement de l’éducation, de la recherche ou du logement social. Selon lui, investir dans ces domaines est également essentiel à la croissance.

Pour retisser la confiance, la presse étrangère citée par Courrier international souligne la nécessité d’associer réellement les jeunes aux processus de décision. La question n’est donc pas seulement de répondre à leur colère, mais aussi de leur permettre de participer aux choix qui façonneront leur avenir.

Des mobilisations qui durent

Le mouvement ne date pas de cette année. En octobre 2025, Courrier international consacrait déjà un dossier aux colères de la jeunesse, alors observées notamment du Népal à Madagascar, du Maroc au Pérou. Un an plus tard, la contestation se poursuit en Indonésie. En Inde, le dossier signale également l’action, depuis plusieurs mois, du Parti du peuple des cafards contre le pouvoir de Narendra Modi.

L’Europe est désormais présentée comme l’un des principaux foyers de cette vague. Les mobilisations y visent, selon le dossier, des gouvernements jugés usés et trop concentrés sur les politiques sécuritaires. En Serbie, près de deux ans de mobilisation étudiante illustrent une autre question : comment passer de la contestation à l’exercice de responsabilités ? Le quotidien belgradois Danas voit dans cette expérience la preuve que la politique peut se pratiquer autrement.

Ces mouvements ne suivent pas partout la même trajectoire et ne portent pas un programme unique. Mais leur durée et leur extension soulèvent un enjeu commun : entendre les revendications des jeunes sans les réduire à une crise passagère, et leur ouvrir une place réelle dans la vie publique.


Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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