Trente ans après sa mort, Jean-Bedel Bokassa reste une figure qui divise en République centrafricaine. L’ancien président, devenu empereur, est associé à la fois à des projets de modernisation et à un pouvoir autoritaire marqué par la répression. Cette mémoire contrastée continue d’alimenter les débats sur la gouvernance et l’histoire du pays.

Du coup d’État au sacre impérial
Bokassa prend le pouvoir dans la nuit du 31 décembre 1965 au 1er janvier 1966, lors du coup d’État de la Saint-Sylvestre. Il instaure progressivement un pouvoir personnel, qui atteint son apogée avec son sacre impérial en 1977. (senat.fr)
Son règne est marqué par la répression des opposants et des violations des droits humains dénoncées par des organisations internationales. Le chef de l’État entretient aussi un culte de la personnalité qui s’étend aux différents rouages du pouvoir.
À l’étranger, le souvenir de Bokassa reste notamment lié au faste de son sacre, conçu sur le modèle de celui de Napoléon Bonaparte. Son nom est également associé à l’affaire des diamants, qui avait éclaboussé l’ancien président français à la fin des années 1970.
Une mémoire partagée
En République centrafricaine, certains retiennent de Bokassa un dirigeant qui incarnait l’autorité de l’État et avait lancé des projets d’infrastructures et de modernisation. D’autres mettent surtout en avant les excès du régime, les arrestations arbitraires et la brutalité d’un pouvoir sans véritable contrepoids.
Jean-Bedel Bokassa est mort à Bangui le 3 novembre 1996. Trente ans plus tard, il demeure une figure majeure et controversée de l’histoire centrafricaine : son héritage oppose ceux qui voient en lui un dirigeant hors norme à ceux qui le considèrent comme le symbole des dérives autoritaires des premières décennies de l’indépendance.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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