Au Svalbard, la souveraineté norvégienne se heurte à un statut international singulier et à des intérêts stratégiques croissants. Proche du pôle Nord, l’archipel attire l’attention pour sa position, ses infrastructures satellitaires et les ressources de ses fonds marins. Oslo renforce son contrôle, tandis que plusieurs pays contestent son interprétation des règles maritimes. (courrierinternational.com)

Un statut particulier depuis 1920

Attribué à la Norvège par le traité du 9 février 1920, le Svalbard reste soumis à des dispositions spécifiques. Le texte interdit d’utiliser l’archipel à des fins de guerre et accorde aux États signataires un accès égal à certaines activités, notamment la pêche, la chasse, l’exploitation minière et la propriété foncière. Selon Courrier international, toute personne munie d’un passeport valide peut s’y installer sans visa.
Cette organisation distingue le Svalbard d’un territoire soumis sans restriction à l’autorité norvégienne. La Norvège affirme sa souveraineté sur l’archipel, mais le traité garantit des droits aux autres signataires. C’est aussi en mer que les divergences sont les plus sensibles : Oslo estime que le traité de 1920 ne s’applique pas aux espaces maritimes autour du Svalbard, définis par la convention de Montego Bay de 1982.
Des enjeux stratégiques et des rivalités
La situation géographique de l’archipel renforce son intérêt. Situé à environ 800 kilomètres du pôle Nord, il figure parmi les rares endroits bénéficiant d’une connexion permanente avec les satellites en orbite polaire. Il offre également un point d’observation utile pour suivre la trajectoire des missiles.
Ses fonds marins abriteraient du cuivre, du cobalt, du lithium et des terres rares, des matières premières utilisées notamment pour les batteries de voitures électriques et les éoliennes. La combinaison de ces ressources et de la position du Svalbard contribue à attirer l’attention d’États dont les intérêts se croisent dans l’Arctique.
La Russie revendique une présence ancienne dans l’archipel. De leur côté, des élus américains accusent la Chine d’y mener des recherches militaires, une activité interdite par le traité selon le texte de Courrier international. Il s’agit d’une accusation attribuée à ces élus, et non d’un fait établi dans les informations publiées par le média.
Oslo renforce son contrôle
Face à ces enjeux, la Norvège a pris plusieurs mesures pour affirmer son autorité. Depuis 2022, les étrangers doivent avoir vécu trois ans en Norvège continentale pour pouvoir voter aux élections locales. Un décret royal adopté en 2024 encadre également la vente des dernières terres privées de l’archipel.
La revendication norvégienne sur les fonds marins suscite, elle, des contestations. La Russie, l’Islande et l’Union européenne ne partagent pas l’interprétation d’Oslo. L’UE l’a qualifiée d’« incohérente », rapporte Courrier international. Le désaccord porte sur l’application du traité de 1920 aux zones économiques exclusives et aux espaces maritimes qui entourent le Svalbard.
Sur l’exploitation minière sous-marine, Oslo a accepté en décembre 2025 de suspendre pendant quatre ans la délivrance de permis, sous la pression des partis de gauche et des défenseurs de l’environnement. Cette pause intervient alors que les ressources et le statut maritime de l’archipel restent au cœur des rivalités autour de l’Arctique.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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Auteur : Benjamin Daubeuf







