À Marseille, plusieurs lycéens envisagent de reprendre les cours malgré les blocages, après des semaines de perturbations. La crainte de prendre du retard dans les programmes gagne du terrain, y compris chez des élèves engagés dans le mouvement. Certains militants réfléchissent désormais à limiter les blocages aux jours de manifestation.

La peur de ne pas rattraper les cours

Au lycée du Rempart, la présence en classe semble légèrement remonter après les vacances. Anis et Tom, élèves en première année de BTS technico-commercial, décrivent une mobilisation qui avait largement vidé les salles avant la pause. Le jour de la reprise, ils étaient une dizaine à suivre les cours, selon Tom.
Le jeune homme évoque à la fois la lassitude de rester chez soi et l’inquiétude liée aux apprentissages. Même si les examens de leur BTS sont prévus l’année prochaine, estime-t-il, le travail de préparation a déjà commencé.
Raphaël, élève de seconde générale dans le même établissement, redoute lui aussi que les cours manqués s’accumulent et que les évaluations se concentrent à la reprise. Il dit avoir pensé que le mouvement s’arrêterait après les vacances. Mais, selon lui, les blocages pourraient se poursuivre si les demandes des élèves ne sont pas entendues.
Parmi les revendications citées par Raphaël figurent des ventilateurs pour l’été et des tabourets pour les cours de physique-chimie. Son camarade Alan partage le sentiment d’avoir peu travaillé depuis la rentrée.
Des militants envisagent d’autres formes d’action
La fatigue des blocages pousse aussi certains lycéens mobilisés à envisager une autre organisation. Anne, élève de première, a participé à une manifestation spontanée réunissant une bonne centaine de lycéens, selon le reportage. Elle explique que des élèves discutent de la possibilité de bloquer les établissements uniquement les jours de manifestation, notamment le jeudi 5 novembre.
Elle dit comprendre que certains souhaitent retourner en cours, tout en jugeant que les inquiétudes liées au bac ne sont pas les seules préoccupations des manifestants. Le mouvement, qui perturbe l’agenda scolaire depuis plus d’un mois, s’inscrit désormais dans une contestation sociale plus large.
Des inquiétudes aussi en terminale
Au lycée Montgrand, des élèves de terminale se disent préoccupées par le retard pris dans les programmes. Inès, Linda et Sam rapportent que des enseignants les rassurent sur la possibilité de rattraper les cours et d’en ajouter. Mais, souligne Linda, sa classe n’a toujours pas de professeur de philosophie pour traiter les dix-sept notions au programme.
Trois élèves rencontrées près de la préfecture craignent que l’écart se creuse avec les lycées restés ouverts, après trois semaines de cours manquées. Elles indiquent travailler chez elles avec l’aide de leur professeur, tout en regrettant que leurs inquiétudes n’aient pas été prises en compte plus tôt.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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