Dans les zones du Nord-Kivu contrôlées par le Front pour la refondation de la nation (FRN), les femmes victimes de violences sexuelles doivent porter plainte avant d’accéder aux soins, selon Médecins sans frontières (MSF). L’organisation et des acteurs humanitaires alertent sur les risques de cette exigence : retards de prise en charge, renoncement aux soins et atteinte à la confidentialité.

Une plainte exigée avant la prise en charge
MSF estime que l’obligation de déposer une plainte peut éloigner certaines survivantes des structures sanitaires. La démarche risque, selon l’organisation, de compliquer ou de retarder leur accès aux soins, alors que leur prise en charge devrait être rapide, sûre et confidentielle.
Christopher Mambula, responsable de programme pour MSF, avertit que cette condition pourrait dissuader des patientes de se rendre dans un centre de santé. L’organisation souligne également que les restrictions imposées dans les zones concernées risquent d’affaiblir la confiance envers les services de santé.
Des organisations locales adaptent leurs projets
Les règles affectent aussi le travail des organisations locales. Une responsable, dont le nom n’est pas communiqué, explique qu’une structure a dû modifier l’intitulé d’un projet prévu pour accompagner cinquante femmes victimes de violences sexuelles. Le programme a été présenté comme visant « cinquante femmes ciblées ».
Cette adaptation, destinée à contourner les contraintes, pourrait selon elle peser sur la manière dont les survivantes sont prises en charge. Elle évoque notamment les difficultés à désigner les violences et le fait que l’identité de l’auteur n’est pas toujours connue.
Les humanitaires demandent la levée des obstacles
L’alliance Amani Humanitarian, qui rassemble plusieurs organisations engagées contre les violences basées sur le genre, appelle les autorités de facto à clarifier la situation et à supprimer les entraves à l’accès aux services.
Idriss Kamis, coordonnateur de projet pour l’alliance, demande que les survivantes soient protégées, que leur accès aux soins soit facilité et que la confidentialité soit respectée. L’alliance réclame aussi que les organisations humanitaires puissent poursuivre leur travail en toute indépendance et sécurité.
Les acteurs humanitaires redoutent enfin que les exigences imposées aux victimes compromettent le secret de leur prise en charge et les exposent davantage à leurs agresseurs ou à des représailles.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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