Bien que de nombreuses maladies cardiovasculaires soient souvent au centre de l’attention, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) demeure largement méconnue. Cette affection, qui se développe insidieusement sans symptômes visibles pendant des années, mérite pourtant une sensibilisation accrue. Un test simple, accessible à tous les médecins généralistes, permet de dépister cette maladie à temps.

Ce que l’on sait

La maladie débute lorsque les artères qui irriguent les jambes se rétrécissent progressivement à cause de dépôts de graisse sur leurs parois, processus connu sous le nom d’athérosclérose. Au début, le débit sanguin reste suffisant pour répondre aux besoins musculaires, ce qui rend difficile l’identification de l’affection. Ce n’est qu’après plusieurs années que des symptômes peuvent apparaître, avec en premier lieu la claudication intermittente. Cette douleur, ressentie dans les cuisses ou les mollets lors de la marche et soulagée par le repos, est souvent banalisée, considérée à tort comme un simple signe de vieillissement.
Ce que montrent les données
Une étude de The Lancet Global Health en 2026 révèle que près de 317 millions de personnes dans le monde se trouvent affectées par cette maladie. En France, la prévalence s’élève à environ 1,2 % de la population adulte. Malheureusement, beaucoup de cas passent inaperçus, rendant le diagnostic plus compliqué à un stade avancé. Des spécialistes en médecine vasculaire soulignent que le dépistage précoce pourrait réduire les complications associées, telles que les amputations ou le risque de mortalité, estimées à 88 % pour les formes les plus sévères.
Ce que cela signifie concrètement
Le dépistage repose sur un examen simple : l’index de pression systolique. Ce test compare la pression sanguine mesurée à la cheville avec celle mesurée au bras. Un rapport inférieur à 0,90 indique un rétrécissement artériel. Bien que la procédure soit indolore et ne nécessite pas d’équipement sophistiqué, elle est souvent négligée dans les consultations médicales. Pour les diabétiques, un seuil différent s’applique, car la rigidité des artères peut induire des résultats faussement normaux.
Les limites à connaître
La maladie, bien qu’elle soit fréquente, est souvent diagnostiquée tard et pourrait être sous-estimée, notamment chez les patients diabétiques où les symptômes peuvent être atténués par d’autres complications. Il est crucial que le dépistage soit recommandé pour les personnes à risque, notamment celles de plus de 65 ans ou celles souffrant déjà de maladies cardiovasculaires.
En somme, la sensibilisation à l’AOMI est essentielle. Un diagnostic précoce ouvre des possibilités de traitement plus efficaces et peut améliorer considérablement la qualité de vie des patients. La mise en œuvre de programmes de dépistage et de réhabilitation doit être une priorité dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires.
Source : Santé : les dernières actualités de Futura
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