Deux mois après la disparition de Moussa Kaka, les autorités nigériennes ont reconnu que le directeur de la télévision Saraounia était détenu et vivant, sans préciser où il se trouve. Human Rights Watch réclame la révélation de son lieu de détention et s’inquiète des risques encourus par le journaliste.

Disparu depuis le 31 août

Âgé de 66 ans, Moussa Kaka dirige la télévision privée Radio Télévision Saraounia (RTS) et est un ancien correspondant de Radio France Internationale. Il n’a plus donné signe de vie depuis le 31 août, après avoir quitté son bureau à Niamey pour rentrer chez lui. Sa disparition est survenue quelques jours après une mutinerie dans la capitale, maîtrisée par le régime militaire avec l’appui de l’Africa Corps russe. (hrw.org)
Le 25 septembre, lors de l’Examen périodique universel du Niger à l’ONU, le ministre de la Justice, Alio Daouda, a reconnu que le journaliste était détenu pour une infraction présumée. Il n’a toutefois communiqué ni le lieu de détention ni les détails de l’accusation. Reporters sans frontières a ensuite rapporté que le ministre avait confirmé que Moussa Kaka était en vie et aux mains des autorités. (hrw.org)
Les ONG réclament des informations
Cette reconnaissance n’a pas mis fin aux inquiétudes sur son sort. Human Rights Watch demande aux autorités de révéler où Moussa Kaka est détenu, de garantir sa sécurité et de le libérer s’il n’a pas été inculpé d’une infraction pénale avérée. L’organisation rappelle que les disparitions forcées exposent les personnes concernées à des risques de torture et d’exécution extrajudiciaire. (hrw.org)
Reporters sans frontières considère également que le journaliste reste victime d’une disparition forcée, faute d’informations sur son lieu d’enfermement et les motifs de sa détention. L’ONG appelle les autorités nigériennes à le libérer. (rsf.org)
Un contexte de pressions sur la presse
Le Niger est dirigé depuis 2023 par un régime militaire issu d’un coup d’État et conduit par le général Abdourahamane Tiani. Des organisations de défense des droits humains accusent les autorités de restreindre la liberté de la presse. Le lieu où Moussa Kaka est détenu et les raisons précises de sa détention n’ont pas été rendus publics. (hrw.org)
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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