Les élections législatives israéliennes laissent Benjamin Netanyahu et ses adversaires sans majorité parlementaire, sauf à obtenir le soutien d’un ou plusieurs partis arabes. Après les gains historiques de ces formations, le Likoud accuse des acteurs étrangers d’avoir influencé la mobilisation électorale dans les communautés arabes. La police affirme ne disposer d’aucun élément étayant ces accusations, tandis que la Commission électorale appelle à ne pas présenter le scrutin comme volé.

Le Likoud réclame une enquête

Le parti de Benjamin Netanyahu met en cause Ra’am et la Liste unie, qui ont progressé grâce à une participation sans précédent des citoyens arabes et palestiniens d’Israël. Il évoque des soupçons de corruption, d’intimidation et d’autres irrégularités, et affirme que des financements étrangers auraient contribué à organiser la mobilisation.
No’am Sohlberg, juge de la Cour suprême et président de la Commission électorale centrale, a demandé au Shin Bet, le service de sécurité intérieure, d’examiner les allégations. Dans sa lettre, il indique que de graves soupçons lui ont été signalés, tout en précisant qu’il ne peut en confirmer la véracité.
Le Likoud a qualifié le résultat de scrutin volé par des partis arabes. Le parti et d’autres responsables de droite mettent notamment en avant le niveau élevé de participation dans les localités arabes et le transport organisé d’électeurs vers les bureaux de vote. Ils estiment qu’une enquête est nécessaire pour préserver la confiance dans le processus électoral.
Les accusations ne sont pas étayées publiquement
La police israélienne affirme ne disposer d’aucune preuve, ni sur le plan informatif ni sur le plan judiciaire, à l’appui des accusations du Likoud. Elle indique que le nombre d’incidents liés à l’intégrité du vote est resté limité et comparable à celui des élections précédentes.
Dean Livne, directeur général par intérim de la Commission électorale, a lui aussi rejeté l’idée que le scrutin ait été volé. Selon lui, les partis ont formulé des accusations sans présenter de preuves. Le Shin Bet, de son côté, n’a pas confirmé publiquement les informations de presse selon lesquelles ses évaluations seraient à l’origine de certaines inquiétudes du Likoud.
Des médias israéliens rapportent que les soupçons seraient limités ou exagérés, selon des sources proches du dossier. Le directeur du Shin Bet, David Zini, avait pour sa part décrit le scrutin comme sûr et surveillé, et salué le travail de la commission et de la police.
Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et principal rival de Netanyahu, accuse le Premier ministre de chercher à semer le doute sur le résultat et à délégitimer le futur Parlement. Il s’est toutefois également prononcé en faveur d’une enquête complète. Ra’am nie toute implication et dit vouloir coopérer avec les autorités. Le Qatar a, lui aussi, rejeté les accusations le visant.
Une participation arabe en forte hausse
Selon les médias israéliens cités dans le compte rendu du scrutin, la participation des électeurs arabes et palestiniens d’Israël est passée d’environ 50 % en 2022 à près de 80 % en 2026. Cette progression s’est accompagnée d’une hausse importante du nombre de sièges des deux formations : la Liste unie en a obtenu onze, contre six auparavant, et Ra’am huit, contre quatre.
Les deux partis se sont dits disposés à soutenir des formations de l’opposition pour remplacer Netanyahu. Mais la plupart des partis de l’opposition sioniste avaient exclu avant le vote de gouverner avec des partis arabes, à l’exception de HaDemocratim. Cette position complique la formation d’une majorité, alors que les deux camps parlementaires restent sans majorité sans appui extérieur.
La controverse s’ajoute aux tensions autour du déroulement du vote. L’organisation Adalah a signalé des retards qu’elle juge systématiques dans certains bureaux des communautés arabes et palestiniennes. Par ailleurs, la chaîne N12 a rapporté que des responsables du Likoud avaient envisagé avant le scrutin des contestations portant sur l’intégrité du vote dans ces communautés. Ces éléments ne constituent pas, à eux seuls, une preuve de fraude.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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