Après les coupes budgétaires et les licenciements qui ont frappé les institutions scientifiques américaines, un réseau baptisé Climate Reserve aide des spécialistes du climat à poursuivre leurs travaux hors du gouvernement fédéral. L’initiative, née de discussions entre chercheurs et anciens responsables, finance des postes et cherche de nouveaux hébergements pour des projets interrompus.

Des chercheurs sans emploi cherchent une issue

La création du réseau intervient après une année difficile pour la recherche climatique aux États-Unis. Au début du second mandat de Donald Trump, des subventions de recherche représentant plusieurs milliards de dollars ont été supprimées et des milliers de fonctionnaires fédéraux licenciés, notamment à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et à l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), rapporte Grist.
Aparna Shrivastava, qui a exercé des responsabilités sur les questions climatiques sous Joe Biden, a alors échangé avec des dizaines d’experts privés de leur poste ou de financements. Beaucoup souhaitaient continuer à étudier le réchauffement ou à travailler sur ses conséquences, mais les coupes soudaines leur laissaient peu de solutions.
Les échanges, d’abord privés, ont ensuite pris la forme de rencontres. En juillet 2026, plus de 30 spécialistes se sont réunis lors d’un atelier organisé dans le Colorado par l’Aspen Global Change Institute. Ils ont esquissé une réponse collective : financer de nouveaux postes et préserver des travaux menacés par le retrait du soutien fédéral. (grist.org)
Des emplois et des projets remis en route
Le réseau Climate Reserve met en relation des experts avec des organismes susceptibles de les accueillir. Il peut aussi aider à reprendre des projets interrompus après la suppression de financements publics. Selon Grist, l’initiative, portée par Shrivastava et soutenue par des dizaines de millions de dollars, avait financé plus de deux douzaines de postes au moment du reportage.
Les spécialistes concernés travaillent notamment dans des organisations à but non lucratif et des institutions universitaires. Le réseau a également contribué à relancer EJScreen, une carte en ligne qui recense les communautés américaines les plus exposées à la pollution. D’autres travaux concernent la mesure de la hausse du niveau de la mer sur des îles du Panama ou le suivi des émissions de gaz à effet de serre dans cinq pays africains. (grist.org)
Une partie des activités reste discrète. D’après Grist, les responsables de Climate Reserve espèrent ainsi protéger certains experts et projets, car plusieurs membres du réseau dépendent encore, directement ou indirectement, de financements fédéraux ou pourraient en solliciter à l’avenir.
Une logique de coopération
Le nom du réseau évoque à la fois une réserve naturelle et une réserve militaire : un groupe mobilisable lorsque la situation l’exige. Pour ses organisateurs, l’objectif est de réunir des compétences disponibles et de les orienter vers les besoins les plus urgents.
Le dispositif mise aussi sur le partage des ressources plutôt que sur la concurrence entre organismes. Un expert financé par Climate Reserve peut, par exemple, répartir son temps entre plusieurs structures afin de coordonner des travaux similaires. Cette approche vise à limiter les doublons et à éviter que la raréfaction des financements ne fragmente davantage le milieu de la recherche climatique, selon les personnes interrogées par Grist.
Le réseau ne se présente pas comme un substitut à l’État. Ses responsables espèrent plutôt maintenir des compétences et des projets pendant que le soutien public fait défaut, et contribuer à rendre le secteur plus collaboratif face aux changements politiques. (grist.org)
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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