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Gabriel Attal propose une primaire élargie, accueillie froidement par le centre et la droite

En proposant une primaire commune aux candidats qu’il rassemble sous l’étiquette des « démocrates », Gabriel Attal veut mettre fin à la dispersion du centre et de la droite avant la présidentielle de 2027. Mais le périmètre envisagé — de Raphaël Glucksmann à Bruno Retailleau, voire David Lisnard — suscite déjà des réserves. Les réactions rapportées le 29 octobre soulignent les divisions d’un camp qui peine à s’accorder sur une stratégie et sur son rapport à l’héritage macroniste.

Scenic view of Le Havre city with St. Joseph Church tower and iconic architecture.
Jan van der Wolf · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une primaire au périmètre contesté

A young boy carrying a backpack walks in a refugee camp in Idlib, Syria.
Ahmed akacha · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Le 28 octobre, sur le plateau du 20 Heures de TF1, l’ancien Premier ministre a appelé à organiser une « grande primaire » afin de rassembler des candidats partageant, selon lui, des valeurs communes : défense des institutions républicaines, laïcité, construction européenne, compétitivité économique et progrès social et écologique. Il a aussi posé comme condition le refus d’alliances avec l’extrême gauche ou l’extrême droite. Il n’a toutefois pas détaillé les modalités du scrutin ni arrêté la liste des participants. (tf1info.fr)

L’ouverture affichée par Gabriel Attal, de Raphaël Glucksmann à Bruno Retailleau, voire David Lisnard, rend cette proposition difficile à délimiter. Elle ne correspond pas à la ligne défendue par l’entourage de Bruno Retailleau, qui souhaite une primaire limitée au centre et à la droite et conditionnée à la participation d’Édouard Philippe. L’équipe du candidat Les Républicains reproche notamment à Attal de ne pas exclure Raphaël Glucksmann.

Du côté d’Édouard Philippe, aucune fin de non-recevoir officielle n’est rapportée. Mais Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale, a critiqué une démarche qu’il juge trop floue. Les réserves exprimées par les deux camps illustrent le désaccord sur la définition même du rassemblement proposé.

Des candidatures fragilisées dans les sondages

La proposition intervient alors que, selon l’analyse publiée par Le HuffPost, les candidats issus du centre et de la droite connaissent des dynamiques défavorables dans les études d’opinion et restent éloignés du seuil de qualification au second tour. Marc Ferracci, député Renaissance et ancien ministre, estime que les candidats de ce bloc ne se relaient pas dans les intentions de vote : ils s’affaibliraient simultanément.

Le contexte social complique aussi leur positionnement. Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, observe que la crise sociale remet Emmanuel Macron au premier plan et oblige ses anciens soutiens à se situer de nouveau par rapport à son bilan. Les mobilisations lycéennes offrent par ailleurs un angle d’attaque à leurs adversaires, notamment autour de Parcoursup, dont Gabriel Attal fut rapporteur de la loi d’instauration.

Les propositions de réforme peuvent également raviver des oppositions. Édouard Philippe a défendu un report de l’âge légal de départ à la retraite ; le sujet reste sensible après les manifestations provoquées par la réforme Borne. Un ministre cité par Le HuffPost juge, plus largement, que les candidats du bloc central avancent des ajustements sans présenter de projet de rupture.

Des divergences que l’appel ne résout pas

La difficulté ne tient donc pas seulement au choix d’un mode de sélection. Les limites du rassemblement restent incertaines : comment concilier le refus des extrêmes avec une ouverture à David Lisnard, que le texte présente comme multipliant les gestes envers Éric Ciotti, allié de Marine Le Pen ? La question européenne constitue elle aussi un point de tension, alors que Gabriel Attal estimait en 2025 qu’il n’existait pas de projet de société commun entre Renaissance et Les Républicains.

La primaire proposée vise à empêcher la dispersion des candidatures, mais elle met en lumière les désaccords qu’elle devrait surmonter. À ce stade, les réactions rapportées ne montrent pas de compromis sur son périmètre ni sur ses conditions. L’appel apparaît ainsi comme le symptôme d’un bloc central en difficulté pour définir une ligne commune et se démarquer de son héritage politique.


Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Romain Herreros

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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