Les enregistrements des échanges entre les conducteurs des trains Renfe et Iryo et le centre de contrôle éclairent les minutes qui ont précédé la collision survenue le 28 octobre près d’Urda, en Espagne. Ils montrent qu’un opérateur aurait autorisé le train Renfe à repartir alors que le convoi Iryo était toujours immobilisé. Le bilan, d’abord annoncé à 68 morts, a été porté à 69 jeudi matin, selon le président de la région de Castille-La Manche. (elpais.com)

Un ordre de reprise alors que l’Iryo était à l’arrêt

D’après les enregistrements publiés par El País, un agent du centre de contrôle aurait demandé au conducteur du train Renfe 2080 de déconnecter puis de reconnecter le système LZB, avant de reprendre sa route à vitesse normale. Le train a ensuite parcouru 25 kilomètres sans qu’aucune alerte ne soit donnée à son conducteur, qui ignorait qu’un autre train se trouvait immobilisé sur les voies.
Le train Iryo était arrêté à la suite d’un problème de signalisation. Sa conductrice a informé le centre de contrôle qu’elle ne parvenait pas à redémarrer. Le message a été reçu, mais les échanges rapportés ne font pas état d’une consigne visant à arrêter le train Renfe ou à l’avertir de la présence du convoi devant lui. (elpais.com)
Cinq minutes entre le dernier échange et la collision
Un troisième enregistrement, daté de 8 h 48, fait entendre un agent évoquer un autre train qui « avance » dans la même direction. La conversation se termine par une demande d’attendre une minute. Cinq minutes plus tard, à 8 h 53 selon les éléments rapportés, le train Renfe percute les wagons immobilisés de l’Iryo.
Le choc a projeté deux voitures en contrebas des voies. Le bilan communiqué dans un premier temps faisait état de 68 morts et de plus d’une centaine de blessés. Il a ensuite été révisé à 69 morts par le président régional de Castille-La Manche, selon l’Associated Press. (apnews.com)
Une enquête sur la gestion du trafic
Ces échanges alimentent les interrogations sur les décisions prises au centre de contrôle. Ils laissent envisager une erreur humaine, sans établir à eux seuls l’ensemble des circonstances de l’accident. Le ministre espagnol des Transports avait indiqué que le train Renfe avait heurté le train Iryo, arrêté sur les voies à la suite d’une panne du système de signalisation.
Trois jours de deuil national doivent être observés en Espagne. Cette nouvelle catastrophe survient après un autre accident ferroviaire qui avait fait 46 morts en janvier. La gestion du réseau à grande vitesse fait déjà l’objet de vives critiques visant le gouvernement de Pedro Sánchez. L’Espagne dispose du deuxième réseau à grande vitesse le plus étendu au monde, derrière la Chine.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : Camille Allain, avec AFP







