En République démocratique du Congo, la Coalition Article 64 (C64) veut rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour tenter de rapprocher leurs positions. L’initiative est contestée par l’UDPS, le parti présidentiel, qui met en cause la neutralité de la coalition. Elle suscite aussi des désaccords au sein même de la C64.

Une médiation contestée par l’UDPS

La C64, qui rassemble des opposants au pouvoir de Félix Tshisekedi, envisage de jouer les intermédiaires entre le président et son prédécesseur. La démarche rappelle celle déjà engagée par les Églises catholique et protestante.
Au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), cette initiative est accueillie avec méfiance. Déo Bizibu, secrétaire général désigné par la Convention démocratique du parti (CDP), estime que la C64 ne peut se présenter comme neutre. Il accuse Joseph Kabila d’être proche de Paul Kagame et reproche à la coalition de masquer, selon lui, cette proximité.
Ces propos relèvent de la position exprimée par un responsable de l’UDPS. Ils illustrent les réserves du parti présidentiel à l’égard d’une médiation portée par une coalition d’opposition.
Des divisions jusque dans la C64
La proposition de rencontrer les deux dirigeants ne fait pas non plus l’unanimité au sein de la coalition. Le 28 octobre, des membres de sa Conférence des présidents ont contesté cette initiative, estimant qu’elle ne relevait pas des prérogatives du Présidium. Ils ont également défendu l’idée d’un dialogue national inclusif plutôt que d’une médiation conduite par la C64. (cable.cd)
Cette contestation interne s’ajoute aux obstacles politiques relevés par Godefroid Muzalia, professeur et membre du groupe de recherche sur les conflits de l’université de Gand. Il doute que la C64 puisse rapprocher Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, notamment parce que la coalition s’oppose à une révision de la Constitution, tandis que les positions du pouvoir à Kinshasa lui paraissent déjà arrêtées.
Le dialogue, entre appel à la paix et lignes rouges
La question du dialogue reste au cœur des échanges. Félix Tshisekedi a annoncé vouloir en préparer un, mais l’exclusion des groupes armés, qu’il pose comme une ligne rouge, complique les perspectives de rapprochement.
Des voix de la société civile appellent néanmoins à privilégier les discussions. Liberata Rubumba Buratwa, militante des droits des femmes et des jeunes filles, souligne que les familles des deux camps risquent de perdre leurs enfants dans les conflits. Elle plaide pour un retour au dialogue et affirme que la guerre ne résout pas les problèmes.
Réunis à Rome les 26 et 27 octobre, les dirigeants de la C64 ont rejeté toute modification de la Constitution en vigueur et condamné la prise du pouvoir par les armes. Cette déclaration est intervenue après la création, par Joseph Kabila, du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté dans la source comme un mouvement politico-militaire. (cable.cd)
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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